Rentrée en musique : le retour

Mis à jour le 06.07.18

Deuxième édition de la rentrée en musique chère au ministre de l'éducation avec une accentuation en direction de l'éducation prioritaire. Accompagnée par Eduscol et prévoyant l'intervention possible de musiciens professionnels, l'initiative n'est pas sans intérêt mais souffre à nouveau d'une préparation hâtive et d'une méconnaissance de la réalité des écoles.

Le Ministre lance la deuxième édition de la rentrée en musique. L’idée est de développer la pratique musicale collective en proposant « un temps d’accueil musical simple et convivial pour accompagner les nouveaux arrivants », le lundi 3 septembre. Nouveauté cette année : le ciblage plus particulier des écoles et établissements de l’éducation prioritaire, avec l’attribution d’un parrain ou d’une marraine artiste pour la réalisation de cet événement, qui pourra éventuellement être présent et éventuellement aussi poursuivre un travail sur l’année. Il est évidemment recommandé aussi que « les élèves soient associés le plus en amont possible au projet » et « de prévoir les outils de travail ainsi que les répétitions ».

Quelques bémols

Les objectifs indiqués sur Eduscol peuvent être partagés : « marquer de manière positive le début de l’année scolaire afin de susciter le plaisir d’apprendre chez les élèves » et « mettre en lumière les vertus éducatives dont la pratique musicale collective est porteuse. »
Sauf que la circulaire destinée aux pilotes des réseaux, écrites le 6 juin, a mis quelque temps à redescendre dans des écoles qui, comme en toujours en juin, sont en plein boum de fin d’année scolaire. Et qu’anticiper le plus en amont possible à sept jours des vacances d’été est un véritable défi, d’autant que les répétitions éventuelles seront séparées par deux mois de vacances du jour J. 

Opération de com

« Le plaisir d’apprendre », comme « la connaissance dans le domaine des arts et de la culture »  qui sont évoqués ne se jouent évidemment pas en quelques notes de musique le jour de la rentrée mais relèvent d'un travail avec les élèves en profondeur et sur la durée. Cette énième préconisation hâtive à quelques jours de la sortie tient plutôt d'une opération de communication qui fait bien peu de cas de la réalité du travail des enseignants et des artistes appelés à intervenir.