Quelle assise pour l’école maternelle ?

Publié le 26.03.18

Bref historique pour saisir les enjeux des Assises de la maternelle

« Le jeu c’est le travail de l’enfant, c’est son métier, c’est sa vie. » En inventant l’école maternelle en 1881, Pauline Kergomard jette les bases d’un lieu singulier où l’on accueille l’enfant comme un individu, où l’on favorise son épanouissement grâce à des locaux, un mobilier et une pédagogie adaptés au jeune âge, tout en « se défiant du modèle primaire ». Cette philosophie perdure tout au long du XXe Siècle jusqu’à un véritable « âge d’or » de la maternelle avec la scolarisation à l’aube des années 80 de la quasi-totalité des enfants de plus de trois ans et d’une grande partie de ceux de deux ans. La maternelle française réussit donc le défi de la massification tout en conservant l’image forte d’un lieu d’éducation centré sur l’enfant.

La scolarité obligatoire dès trois ans en question

Pourtant, la persistance d’un échec scolaire important fragilise une école maternelle dont les classes les plus aisées sont les premières à profiter. La loi Haby en 1975 enfonce un premier coin en publiant des programmes pour les trois cycles de scolarité, la maternelle s’y trouvant insérée de fait. La loi d’orientation de 89, en incluant la grande section dans le cycle des apprentissages fondamentaux, incite à mener un travail spécifique sur les compétences nécessaires aux entrants en CP et renforce la culture de l’évaluation. S’ensuit un débat entre ceux qui tiennent la maternelle pour une simple garderie - on se souvient du ministre Darcos et de l’épisode des couches culottes - et les partisans d’une maternelle propédeutique préparant aux apprentissages futurs. Au gré des alternances politiques, les coups de volants se font intempestifs. En 2008 paraissent des programmes directifs et décriés pour leur « primarisation ». Ceux de 2016, plus équilibrés, réhabilitent la découverte progressive, la manipulation, la bienveillance, le « devenir élève » ainsi que la place première du langage oral. Aujourd’hui, les Assises de la maternelle organisées par le ministère sont chargées de réfléchir à une maternelle assurant aux enfants « en même temps » l’indispensable sécurité affective et des apprentissages systématiques censés les préserver de l’échec scolaire. Nouvelle embardée en perspective avec en arrière-plan le débat autour la scolarité obligatoire dès 3 ans qui risquerait de rejeter les deux ans à la périphérie de l’école.

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