Le street-art, c'est school

Mis à jour le 03.09.19

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Une école de Saint-Étienne (42) mise sur la rencontre avec les artistes

C’est déjà presque la fin de l’année scolaire et pourtant l’activité bat son plein à l’école Chappe située en plein cœur de Saint-Étienne, classée REP. Une classe de CM d’une école voisine est venue visiter les œuvres originales et parfois uniques d’artistes de street-art que l’on peut trouver dans cette école-musée comme l’annonce sans fausse modestie sa page Facebook. Cela fait trois ans maintenant que Jérémy Rousset directeur de la maternelle a lancé ce pari un peu fou. Celui de faire venir in situ des street-artistes afin qu’ils et elles puissent réaliser des œuvres sur les murs de l’école. Oak-Oak, Jeff aérosol, Jérôme Mesnager, Ella&Pitr, Nick Walker, Totipote, ou encore « l’invisible artist » Liu Bolin…, 27 au total, souvent de renom, de cet univers graphique font aujourd’hui partie du quotidien des élèves de la maternelle et de l’élémentaire adjacente qui a rapidement rejoint le projet. Aujourd’hui deux élèves-guides de CP ont la responsabilité d’accompagner le visiteur. Leur formation s’est faite lors de séances spécifiques en APC pour apprendre à conduire leurs hôtes, à répondre à leurs questions mais également « à ne pas inventer d’histoires, lorsqu’ils ne se souvenaient plus », explique en souriant Mélanie Mathieu, maîtresse de la classe des CP-CE1. « Se faire expliquer le travail et les œuvres de Tania Mouraud par des enfants de cet âge a quelque chose de savoureux », avoue Jérémy.
Chaque bout de couloir, recoin, cage d’escalier ou pièce collective de l’école offre son lot de surprises et d’émerveillement. Un véritable parcours sensoriel dans l’espace mais également dans le temps de scolarité des élèves qui permet à chacune et chacun de construire des références et de faire culture commune.

Une culture des sens

« Nous cherchons à construire un vécu partagé, comme une colonne vertébrale d’expériences et d’apprentissages, un appui pour toutes les activités langagières de la classe », explique Marie Pionchon, enseignante et formatrice sur l’école. Lettres d’invitations, écriture des cartels, textes explicatifs, vidéos de compte-rendu… ou encore élection de la meilleure œuvre de l’année, autant d’objets qui permettent à l’équipe enseignante de travailler concrètement les compétences scolaires attendues à chaque niveau de scolarité. « Une question de sens », explique le directeur de l’école, « car entrer par la complexité, par des compétences de haut niveau c’est essentiel pour que les gamins de milieu populaire comprennent ce qu’ils font ici ». « Cette expérience a aussi insufflé du bonheur professionnel dans l’école », poursuit Jérémy. « La présence de l’artiste facilite l’accès à la compréhension globale de ce qu’est un message. Nous pouvons ainsi travailler avec les élèves sa permanence, son humour, sa jouissance, son intérêt propre, bien au-delà d’un travail de clapping de syllabes lors d’activités d’encodage ».
Et cette approche, l’équipe, les enfants mais aussi les familles en redemandent. Ils poursuivent leur démarche avec la venue de musiciens et de musiciennes de différents univers et rêvent également de parcours scientifiques au sein de l’école. En attendant, ils diffusent sur les réseaux sociaux en comptant sur la viralité pour que l’artiste Invaders, de renommée internationale, les entende et accepte à son tour de venir. Un joli défi !

Culture commune reportage Ecole Chappe Saint-Etienne

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