Ces instits qui n'en donnent pas.

Publié le 06.09.17

Ils sont loin d’être les plus nombreux, mais ils sont convaincus du bien-fondé de leur démarche. Rencontre avec ces enseignants des écoles qui ont banni les devoirs à la maison.

Dans son CM2 d’une école d’application niçoise, Nathalie n’a pas attendu la consigne de l’IEN, passée en 2015, de ne plus donner de devoirs aux élèves. « J’ai d’abord enseigné en éducation prioritaire où il ne servait à rien de donner des devoirs puisque la plupart ne les faisait pas. Il fallait donc que je mette des choses en place au sein de la classe pour rompre avec cette inégalité entre ceux qui peuvent être aidés et les autres », explique-t-elle. « Et puis c’est devenu une conviction profonde. » Même conviction pour Claude, qui exerce depuis 25 ans dans une classe unique des Pyrénées-Atlantiques. Pour lui: « Les devoirs peuvent aussi être source de conflits entre parents et enfants et l’école n’a pas à favoriser ça. Ce qui m’importe, ajoute-t-il, c’est que les parents consacrent un temps d’échange quotidien avec leurs enfants sur ce qu’ils ont fait en classe, sur ce qu’ils ont appris. » 

Du temps pris sur d'autres activités

Pour Nathalie, le travail à la maison, « c’est du temps pris sur des activités familiales, culturelles, sportives, qui concourent aussi à une meilleure aisance dans les apprentissages. » Mais les parents, justement, qu’en pensent-ils de cette absence de devoirs ? « Ils sont ravis de ne pas avoir ça à gérer le soir après leur travail, remarque Claude, et puis ils voient bien que leurs gamins y arrivent sans ça. » « Bien sûr qu’on entend sur la ‘’radio trottoir’’, devant l’école, qu’un bon enseignant est un enseignant qui donne beaucoup de devoirs, s’amuse Nathalie, mais ils s’habituent à la démarche et finissent par nous faire confiance. » Mais la démarche, quelle est-elle ? Pour Claude, « le transfert de connaissances, la mémorisation et l’entraînement ça se fait en classe. Avant une nouvelle séance, on revient systématiquement sur ce qu’on a déjà appris, pareil à la suite de l’activité. » Nathalie « travaille beaucoup sur la reformulation et la verbalisation des procédures. L’apprentissage de la leçon est lié aux moments où on l’utilise dans un continuum entre activités de mémorisation et d’entraînement. » Et chez l’un comme chez l’autre, les enfants disposent d’aide-mémoire, consultables à volonté. Au bout du compte, « le programme de CM2 est bouclé à la fin de l’année », prévient Nathalie. « Ce qui n’empêche pas certains enfant de me réclamer… des devoirs de vacances », conclut Claude, fataliste.

L'ensemble du dossier ici.

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