A Saint-Denis de Cabanne, l’impro comme des pros

Publié le 06.09.17

En pleine campagne roannaise (42), les CE2-CM1-CM2 de l’école publique de Saint-Denis de Cabanne bénéficient depuis le mois de mars d’une résidence d’artistes. Leur projet théâtral « Atypique » est l’un des 101 retenus par le nouveau dispositif national "Création en cours".

La consigne : créer des personnages qui soudain sont transportés dans un autre monde. Côme, Luna et Mattéo, 10 ans, n’ont eu que quelques minutes pour se concerter, choisir un accessoire et les voilà partis dans une impro. « Mon doudou, rends-le moi ! » Bruit de vagues, ressac de la mer. Un des apprentis comédiens se couche sur une plage imaginaire. « Il faut qu’on voie mieux le changement d’univers », conseille Maurin Ollès le comédien qui accompagne ces CE2-CM1 et CM1-CM2 de l’école de Saint-Denis de Cabanne (42) dans une séance d’improvisation. Si le scénario reste à enrichir, les gestes sont nets, les voix posées. « Les première séances, c’était difficile, ils sortaient à peine un mot », se souvient leur maîtresse, Florence Robin. Ici c’est la verte campagne roannaise aux portes de la Bourgogne, « un désert culturel », commente-t-elle. Le premier théâtre est à 25 km de là, parfois les classes marchent 5 km jusqu’à la salle de Maizilly voir des spectacles de la compagnie locale Les farfadets où jouent plusieurs parents. Autant dire que les interventions de Maurin et de sa troupe sont attendues de pied ferme par les élèves. Le comédien connaît bien le secteur puisqu’il est diplômé de la Comédie de Saint-Etienne. Depuis il a créé sa troupe La crapule à Marseille et le revoilà dans la Loire en résidence dans l’école de Saint-Denis avec deux autres actrices et un musicien électronique pour initier les élèves à l’art théâtral. Le but, sur les trois semaines d’interventions, n’est pas de créer un spectacle avec les classes mais de les initier à l’art de l’impro sur le thème de la différence. « En parallèle, pendant la résidence, nous préparons un spectacle autour de l’autisme, dans la salle communale ». 

Travail sur la différence

Les deux types de créations se font ainsi écho. « Certaines idées des élèves en lancent d’autres chez nous », note-t-il et c’est bien là le principe de l’impro. La résidence proprement dite comprend 20 h d’interventions à l’école ou dans la salle communale, prises en charge par Créations en cours le dispositif ministériel lancé en 2016 avec la structure culturelle Les ateliers de Médicis. Il permet à 101 projets de se réaliser sur la métropole et Outre-mer (lire ici). En octobre l’école a été sollicitée par l’inspection « car chaque année nous avons un classe à parcours culturel », explique l’enseignante. Par ailleurs le travail sur la différence entrait « dans l’axe Climat scolaire de notre projet d’école. » En amont, dans la classe, les maîtresses ont travaillé à la fois le théâtre et la gestion des émotions à travers des pièces comme Le médecin malgré lui ou La mauvaise note. Les élèves ont acquis du vocabulaire artistique, écrit des saynètes et visité le théâtre de Roanne en mai. Puis les séances à partir de mars les ont amenés à se présenter, à imaginer une particularité et en jouer, à créer seul ou par petits groupes. Les classes ont également pu assister à des répétitions de la troupe.
Si les effets sur le climat scolaire sont encore difficiles à évaluer, l’enseignante note chez ses élèves de nets gains en assurance, en écoute des uns des autres. Elle en ressent les effets sur toutes les présentations orales, que ce soit la récitation de poésie ou le rituel d’anglais le matin pour dire quel jour on est, le temps qu’il fait… Des regards qui se sont modifiés sur tel ou telle camarade qui s’est révélé, comme la menue Malia ou l’imaginatif Timéo. « Cela rebat les cartes. Des élèves en difficulté ou en retrait se révèlent très doués, les plus à l’aise le sont moins sur les planches », remarque-t-elle. Maurin a été épaté par « tous ces talents » qui se sont révélés. Alors il se pourrait bien qu’à la rentrée les Farfadets accueillent de nouveaux membres…

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