A l’école des mamans

Mis à jour le 24.05.20

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Pendant le confinement, les parents et souvent les mamans ont été à « rude école ».

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New mail Classe multi-niveaux, compréhension des consignes, difficulté dans le dosage du travail, problèmes matériels : les parents et la plupart du temps les mamans ont été à « rude école ».

Classe multi-niveaux, compréhension des consignes, difficulté dans le dosage du travail, problèmes matériels : les parents et la plupart du temps les mamans ont été à « rude école ».

« Avec mes enfants, on a bien mis 15 jours à trouver un rythme », témoigne Sophie*, maman de trois enfants. « Au début c’était compliqué, il y avait énormément de réticence mais maintenant le pli est pris ». Dans la même pièce, cette maman se consacre à temps plein à sa petite classe multi-niveaux. Son plus jeune enfant est en maternelle, et avec lui, elle révise les couleurs, elle compte et elle reprend les chansons apprises en classe. L’aîné, en 3e, a compris qu’il avait déjà le brevet et cela n’aide guère ses parents à le faire travailler… Mais, c’est Ambre, scolarisée en CE2, qui retient le plus l’attention de Sophie. « Elle a beaucoup de difficultés, et j’ai dû solliciter la maîtresse par téléphone. Elle m’a conseillée de faire avec elle le travail donné pour les CE1 et depuis ça va mieux ». Ce contact avec l’enseignant, Cécile, maman du petit Antoine, l’a également bien apprécié quand il a fallu construire un angle droit sans équerre. « Avec mon mari, on était perdus, mais le maître a pu nous guider », témoigne-t-elle. Par contre pour sa fille en grande section, Cécile a trouvé que le travail donné n’était pas suffisant. Elle a décidé de faire l’acquisition d’un cahier de vacances pour compléter. À l’inverse, Carole une maman solo avec deux enfants, n’a pas réussi à suivre le rythme de travail imposé pour sa fille Louisa, en CE2. « J’ai décidé de piocher dans tout ce qu’il y avait à faire et j’ai écrit un mail à la maîtresse pour lui dire que je ne faisais pas tout, n’étant pas enseignante ». Médiatrice en espace social, elle a demandé à cesser son télétravail afin de pouvoir suivre ses enfants. « Si je ne suis pas avec eux, l’écran d’ordinateur occupe la plus grande part de leur journée » explique-t-elle.

S’organiser matériellement

Les écrans, il y a ceux qui ont lutté pour s’en défaire et ceux qui n’en avaient pas… Ali, le papa de Samira en CM2, s’est rendu dans la grande surface la plus proche pour acquérir un ordinateur portable. « Je ne voulais pas que ma fille ne puisse pas suivre comme les autres », témoigne ce papa. « Elle a pu faire tout le travail donné par le maître, elle a beaucoup travaillé », explique-t-il, non sans fierté. Dans le même registre, Leïla, maman de trois enfants de 3, 5 et 7 ans explique qu’au début du confinement, elle n’avait pas anticipé qu’elle aurait autant besoin d’imprimer pour le travail donné par l’école. Tombée en panne de cartouches d’encre, elle a dû courir les grandes surfaces. « Au début, je recopiais les exercices de mon téléphone pour que ma fille en CP puisse les faire », raconte-t-elle. Pour l’instant, elle ne souhaite pas la remettre à l’école, mais elle espère par contre qu’à partir du 11 mai, l’école pourra lui fournir les photocopies du travail à faire. En effet, explique-t-elle, « il y a beaucoup de photos et d’images dans le travail donné et du coup ça consomme beaucoup d’encre ».
* Les prénoms ont été modifiés.

Des parents impliqués

Comprendre les effets de la crise sanitaire sur les inégalités scolaires : une enquête sur « l’école à la maison » est menée depuis avril par deux enseignants-chercheurs en sociologie de l’éducation auprès des parents d’élèves. Une comparaison des pratiques d’accompagnement des enfants dans les différents milieux sociaux qui met en lumière des inégalités mais bat aussi en brèche certaines idées reçues. C’est ainsi que le temps consacré au travail à la maison par les parents de milieux populaires est plus important qu’ailleurs, 3 h 16 en moyenne contre 3 h 07 dans les familles des classes supérieures et moins de 3 h chez les parents enseignants. De quoi relativiser un soi-disant abandon scolaire chez les moins favorisés. Il est vrai néanmoins qu’on y porte plus d’attention aux aspects « formels » du travail demandé, au respect des consignes (88 % contre 84 % chez les classes supérieures), aux leçons à apprendre (87 % contre 81 %) et aux exercices d’application. « L’explicite » versus « l’implicite », déjà bien documenté par les travaux de la recherche en éducation. Sont aussi pointées les inégalités d’accès et d’usage sur les outils de l’école à distance. 11,4 % des familles populaires signalent une connexion problématique, contre 7,9 % des familles de catégories sociales supérieures. Quant au sentiment de compétence dans les usages, il réunit 31 % d’avis positif chez les uns et 45 % chez les autres. L’étude se poursuit et Fenêtres sur cours rendra compte des résultats définitifs.


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