Enseigner les sciences avec la main à la pâte

Mis à jour le 11.12.17

Un guide pédagogique « Esprit scientifique, esprit critique ».

esprit scientifique, esprit critique

Gabrièle Zimmermann

3 questions à Gabrielle Zimmermann, biologiste co-auteure du guide

Pourquoi ce titre « Esprit critique, esprit scientifique » ?

Faire faire des sciences à des enfants nécessite pour les enseignants un double pas de côté. Réfléchir à ce qu'on a appris des sciences d'une part et d'autre part construire des liens avec ce qui se passe dans le vie réelle, le quotidien. Nous avons des outils qui nous permettent d'expliquer, de comprendre le monde et d'exercer un esprit critique de base mais nous nous heurtons à des limites. Par exemple en faisant des généralités du type « chaque fois que je fais mes vitres, il pleut ! ». Il faut donc amener les enfants à une pratique experte qui passe par une réflexion sur ce que les sciences peuvent apporter, la prise de conscience de nos limites et l'apport de stratégies pour obtenir des informations à partir de l'observation de notre environnement.Faire faire des sciences à des enfants nécessite pour les enseignants un double pas de côté. Réfléchir à ce qu'on a appris des sciences d'une part et d'autre part construire des liens avec ce qui se passe dans la vie réelle, le quotidien. Nous avons des outils qui nous permettent d'expliquer, de comprendre le monde et d'exercer un esprit critique de base mais nous nous heurtons à des limites. Par exemple en faisant des généralités du type « chaque fois que je fais mes vitres, il pleut ! ». On peut outiller les enfants dans leur appréciation critique du monde en passant par une réflexion sur ce que les sciences peuvent apporter, la prise de conscience de nos limites et l'apport de stratégies pour obtenir des informations à partir de l'observation de notre environnement.

Quel type d'activités faut-il mener pour cela ?

Dans le guide, nous proposons des séances à conduire au cycle 2 et au cycle 3 autour des axes suivants : observer le monde, expliquer des phénomènes, évaluer des informations et leurs sources, argumenter, inventer. Par exemple, nous proposons une activité invitant les élèves à comprendre la différence entre une connaissance et une donnée isolée. Dans la classe, chaque enfant a perdu sa première dent de lait à un âge différent : de 4 ans et demi à 7 ans et demi, avec une majorité d'enfants autour de 6 ans. Comment représenter ces données (les histogrammes ou autres représentations graphiques sont au programme du cycle 3) ? Quelle phrase écrire pour décrire au mieux la connaissance que l'on peut en tirer ? Au travers de cette activité, les élèves comprennent que la démonstration par l'exemple n'est pas pertinente, ce qui est un pas vers une appréciation critique de situations quotidiennes. Citons par exemple Killian (CM1) : "Avec un seul exemple, on ne peut pas dire que c’est tout le temps vrai ou tout le temps faux. Il faut calculer sur plein de fois". Dans d’autres activités, nous insistons aussi sur le débat avec des jeux qui permettent aux élèves de faire la distinction entre les bons arguments et ceux qui sont fondés sur les opinions.

22 ans après sa création, la main à la pâte a-t-elle fait avancer la cause des sciences à l'école ?

En 1996, à la création de la main à la pâte, seuls 4 % des enseignants pratiquaient des activités scientifiques à l'école. Aujourd'hui, ils sont 40 %. L’enjeu est aujourd’hui de mettre en confiance ceux qui n’en font pas encore, par exemple au travers de guides pédagogiques clé en main comme celui-ci : les séquences sont décrites pas à pas et ont été testées dans une cinquantaine de classes, les documents nécessaires sont fournis, ainsi que des éclairages scientifiques et pédagogiques. Tous les enseignants enseignent les mathématiques alors que bien peu sont mathématiciens de formation. Pour les sciences, cependant, ils se sentent parfois intimidés. L’image préconçue de la science qu’ont les élèves et bien souvent les enseignants est fréquemment celle véhiculées par les films ou les séries, faite par des spécialistes en blouses blanches travaillant seuls dans des laboratoires compliqués. Faire des sciences à l’école permet également de se familiariser avec ses méthodes et sa réalité quotidienne, la rendant ainsi plus concrète, familière et accessible.

Le guide est gratuit à la consultation sur le site de la main à la pâte

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