Interview du chanteur Aldebert

Publié le 24.01.18

Guillaume Aldebert fête les dix ans d'"Enfantillages", sa collection de CD pour enfants.


Aldebert 2

Quel chemin avez-vous suivi pour arriver à la chanson jeune public ?

Guillaume Aldebert : C’est drôle parce que mon parcours entre en résonance avec l’école. J’ai commencé à écrire des chansons et développer un projet de groupe l’année où j’ai obtenu un poste d’emploi jeune dans une petite école du Doubs, à Naisey-les-Granges. C’était en 1999 et en 2000, je commence les concerts avec un répertoire plutôt adulte. Pendant mes cinq ans de contrat, j’ai concilié les métiers d’animateur dans l’école la semaine et de chanteur le week-end jusqu’au jour où en 2004, j’ai opté pour le statut d’intermittent du spectacle. Comme j’avais déjà dans mon répertoire adulte un certain nombre de chansons sur l’enfance et sans doute aussi du fait d’avoir un pied dans le quotidien enfantin de l’école, je décide en 2008 de réaliser un album de chansons pour enfants. Les premières chansons d’Enfantillages sont nées à l’école de Naisey.

Qu’avez-vous en tête au moment ou vous composez ?

G.A.: J’ai envie de proposer une écriture de chansons à deux niveaux de lecture. Ne pas infantiliser les jeunes auditeurs ni dans le propos musical, ni dans le texte et aussi pouvoir intégrer l’écoute des parents. De ce fait, les premiers retours sont un peu timides, on me dit « ce n’est pas vraiment de la chanson pour enfants », « ce n’est pas assez bien ciblé », etc. Mais l’univers d’Enfantillages s’installe progressivement parce que c’est une chanson un peu transversale qui parle à toute la famille. Pour écrire, je ne pense pas forcément au public, je suis plutôt dans la peau d’un enfant de sept ans qui aurait le bagage et le vocabulaire d’un adulte. Je parle beaucoup de l’école, de la famille, des amis et de tout l’imaginaire qui est propre aux enfants. Avec les enfants qui sont beaucoup plus ouverts que les adultes, on a une liberté musicale qui me permet d’aller vers le rock, le hip-hop, les musiques du monde…

Aujourd’hui le succès est au rendez-vous…

G.A.: Je pense que ça s’est fait par le lien direct avec le public. Les premiers spectateurs en ont parlé autour d’eux, ont fait écouter à leurs amis et j’ai eu la chance que ça fasse rapidement boule de neige. Pourtant, je n’ai jamais été tellement médiatisé même si ça commence à venir maintenant. Ce qui est intéressant dans mes spectacles, c’est la mixité générationnelle. Les enfants viennent avec leurs parents voire même avec leurs grands-parents. Je suis heureux de pouvoir réunir les générations autour de mes chansons au lieu que chacun se cantonne dans sa musique.

On écoute de plus en plus vos chansons dans les classes...

G.A.: Oui même si ça me fait un peu bizarre. J’ai retrouvé un de mes textes dans un livre de grammaire. Et l’école où j’ai travaillé s’appelle maintenant école Aldebert ! Je garde un pied dans l’Éducation nationale parce que finalement je viens de là. Je parle beaucoup de l’école dans mes chansons et je continue à échanger et à travailler avec les enseignants. J’ai animé et j’anime encore quand je peux des ateliers d’écriture avec les élèves de cycles 2 et 3. L’atelier s’appelle « De la feuille à la scène » et consiste à faire réaliser par les enfants une véritable production de chanson de la composition jusqu’à l’enregistrement.

Quel regard portez-vous sur le fonctionnement actuel de l’école ?

G.A.: J’étais un élève plutôt moyen et ne suis pas forcément un bon juge mais je me demande si le système n’est pas un peu rétro par rapport à l’évolution de la société. Le carcan des matières, des notes reste pesant et porteur d’inertie. Je vais prêcher pour ma paroisse en vous disant qu’il faut aller à fond sur le dessin, la musique, le théâtre, l’art en général. Souvent quand je fais mes ateliers en classe, on s’aperçoit que ça révèle chez certains élèves des potentialités qu’ils n’expriment pas dans un cadre plus classique et formel.

cliquez sur la pochette pour écoutez un extrait

enfantillages

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