Ecole : la Cour des comptes tourne en boucle

Mis à jour le 12.10.17

Dans un récent rapport, la Cour des comptes dresse un bilan sévère de la gestion des enseignants et des réformes menées par le précédent gouvernement. Un exercice convenu qui ne fait pas avancer grand-chose

«Gérer les enseignants autrement, une réforme qui reste à faire » Le titre du rapport traduit bien la tonalité du récent rapport publié par la Cour des comptes. Un document à charge pour le gouvernement sortant qui dénonce de nouveau une gestion des enseignants marquée par « l’immobilisme », « les rigidités », « l’uniformité ». Pour les magistrats, les réformes menées dans l’Éducation nationale ces cinq dernières années « n’ont pas permis une transformation en profondeur de la gestion des professeurs ». La Cour des comptes met en regard les 54 000 postes créés, les nouvelles indemnités, la mise en place du parcours rémunérations et carrières avec l’absence de « contreparties » demandées aux enseignants en matière d’organisation et de temps de travail. « L’État n’a pas mis à profit cet effort budgétaire important pour procéder à des réformes structurelles », assène-t-elle.

A côté du sujet

Que propose la vénérable institution pour enfin transformer notre système éducatif ? Elle se borne à rappeler des préconisations déjà présentes dans son précédent rapport de 2013. Parmi elles, l’annualisation du temps de travail, le renforcement du pouvoir des directeurs et des chefs d’établissement allant jusqu’au recrutement des personnels, le développement des postes à profil, l’amélioration du lien école-collège avec l’affectation possible de PE au collège… Une posologie d’inspiration libérale bien éloignée de la vérité du terrain et des préoccupations des enseignants, exception faite du rappel de la nécessité de la mise en place d’une vraie formation continue. Et si on conseillait aux sages de la rue Cambon d’aller se frotter à la réalité des établissements scolaires avant de se lancer dans l’écriture ?