Violences aux enfants : briser le tabou

Publié le 29.03.17

Les chiffres qui circulent sur le nombre d'enfants maltraités ou décédés dans le cadre familial font froid dans le dos. Deux enfants meurent chaque jour sous les coups de leurs parents, selon l'Inserm. Le gouvernement propose une série de mesures qui visent à briser le tabou des violences familiales et à améliorer leur repérage.

La première mesure du plan interministériel triennal de mobilisation et de lutte contre l'enfance en danger que Laurence Rossignol a présenté le 1er mars sera de confier à l'Observatoire national de la protection de l'enfance toute la collecte de données sur les homicides d'enfants et de les rendre publiques. Selon la ministre des Familles, de l'enfance et des droits des femmes « la persistance de violences s'explique notamment du fait de leur « invisibilité » et ce déni collectif est renforcé par l'absence de données statistiques. Car au niveau des chiffres, c'est la cacophonie.

Défendre les plus vulnérables

L'Observatoire national de la protection de l'enfance signalait, au 31 décembre 2015, 290 000 mineurs suivis, dont 161 860 placés. Selon le ministère de l'Intérieur, sur 194 enfants victimes d'homicides en 2015, 73 ont perdu la vie dans le cadre familial quand seulement douze condamnations ont été prononcées. L'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) évalue quant à lui à plus de 250 le nombre annuel d'infanticides. Selon ce même institut, un tiers des morts classées accidentelles seraient des morts suspectes ou violentes, les trois quarts relevant du syndrome du bébé secoué ou d'une mort à la naissance par asphyxie, noyade ou abandon de soins.
Le plan préconise la généralisation d'un examen post-mortem en cas de mort inexpliquée d'un enfant de moins de deux ans. Autre mesure phare, la désignation d'un médecin référent dans chaque hôpital qui bénéficiera d'une formation. Avec plus de deux millions d'enfants hospitalisés en 2014, les médecins sont en première ligne pour le repérage des violences. Ils seront en charge de contacter le médecin de la Protection de l'enfance ou d'alerter la justice.
Et pour que tout le monde se sente concerné : un livret de conseils envoyé aux parents, la promotion d'une éducation sans violences et une campagne de communication destinée à faire connaître le 119 au grand public « Enfants en danger : dans le doute, agissez ! »

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