Mission expérimentation
Mis à jour le 23.06.26
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Dans la Drôme, les élèves de CP poursuivent leur enquête sur la germination, avec sérieux et enthousiasme.
« Ferme la porte sinon ça va pousser ! » s’écrie Anita. Sa maîtresse referme aussitôt le placard contenant des pots remplis de graines de luzerne, afin que la lumière ne perturbe pas les expérimentations en cours élaborées par la classe. À l’école de Luc-en-Diois (26), les CP d’Amélie Thuilier cherchent à identifier les conditions nécessaires à la germination ; questionnement issu de leur lecture de “Une si petite graine” d’Éric Carle. Aujourd'hui c’est la découverte du résultat des semis réalisés une semaine plus tôt ! Amélie fait encore patienter ses élèves par un rappel collectif des hypothèses formulées et la présentation du tableau récapitulatif des critères testés : lumière, température, terre, coton, eau, rien.
Chacun des trois groupes se précipite à son atelier pour y découvrir les pots enfin sortis du placard ! « Rien n’a poussé dans les pots restés au frigo ! » constate Ellina. « Normal, les graines étaient au pôle Nord, rien ne pousse là-bas ! » plaisante Keyssim.
De leur côté, Haélie et Elouan s'émerveillent devant le nombre de pousses dans certains pots. Les élèves observent, commentent, s’entraident pour remplir le tableau : “oui” quand la germination a eu lieu, “non” dans le cas contraire, et réalisent des schémas. Amélie veille à ce que tout le monde participe. Lors de la mise en commun, elle les guide dans leurs conclusions. « Regardez toutes les cases “sans eau”. Que peut-on en déduire ? ». Louka répond sans hésitation : « Rien n’a poussé sans eau, ça veut dire que la graine en a besoin. » De la même manière, les élèves constatent que la chaleur est indispensable. « La terre et le coton servent seulement à retenir l’eau », explique Lucas. Liana fait le lien avec le printemps : « La terre se réchauffe et fait fondre la neige. Ça donne de l’eau aux graines qui peuvent germer ». Amélie formalise les discussions, à l’oral comme à l’écrit, en les amenant à récapituler les besoins de la graine pour germer.
SCIENCES EN CONSCIENCE
« Je fais des sciences toutes les semaines et j’y prends autant de plaisir que mes élèves. » commente-t-elle, tout en mesurant l’ensemble des compétences mobilisées lors de ces séances : écriture, lecture de tableaux, calcul, mesure du temps, écoute, argumentation... même si « les phases collectives sont parfois difficiles à anticiper et à mener : rebondir au bon moment sur leurs idées, les laisser chercher sans perdre le fil... Il y avait probablement trop de variables testées. J’aurais pu leur faire élaborer les déductions en petits groupes avant la mise en commun » analyse l’enseignante.
Elle soulève une autre difficulté dans le suivi d’une démarche d’investigation : l’hétérogénéité des connaissances des élèves. Comment les inciter à se questionner et maintenir le “suspens” de la découverte quand certains connaissent déjà la réponse ? L’expérimentation laisse parfois place à une recherche documentaire. « Alors je n’hésite pas à montrer qu’il m’arrive de découvrir la réponse avec eux. Ce qui redouble leur motivation ! » Amélie termine la séance par une nouvelle question : « Mais comment la graine trouve-t-elle l’énergie pour germer ? Demain, on ouvrira des graines pour le savoir. ».