Climat scolaire

Mis à jour le 18.03.20

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Agir sur le climat scolaire pour faciliter les apprentissages et l'enseignement

Un climat scolaire apaisé n’est pas forcément synonyme d’excellents résultats scolaires mais s’il est mauvais, l’échec est garanti. Agir sur le climat scolaire, c’est entrer dans une démarche systémique pour faciliter les apprentissages des élèves et améliorer les conditions d’enseignement des PE.

Elles datent un peu mais les deux dernières études de l’Observatoire international de la violence à l’école (OIVE) de 2011 et 2012, restent la référence. Si dans leur grande majorité les élèves vivent bien leur scolarité, 11 % à 12 % d’entre eux se disent victime de harcèlement et 10 % des enseignants trouvent le climat scolaire médiocre. « Climat scolaire », la notion a pris corps progressivement. Auparavant l’institution comme la communauté éducative, étaient avant tout préoccupées par les « violences scolaires ».

Climat scolaire

Les conséquences d’un climat dégradé

Quand on parle de violence, chacun voit tout de suite de quoi il s’agit, mais le climat, c’est quoi ? D’une certaine manière on pourrait dire que c’est l’ambiance qui règne dans une école, dans une classe, en fonction du type de relations établi entre élèves, entre élèves et enseignants, entre enseignants, entre tous les adultes présents dans l’école et pour finir, entre l’école et la famille. Dès lors, la violence apparaît surtout comme la résultante d’un climat scolaire dégradé sur lequel il faut pouvoir agir pour (re)trouver un contexte d’apprentissage apaisé. « Le climat scolaire reflète les expériences vécues par les différents acteurs de l’école, une sorte de ressenti de chacun, aussi bien des élèves, des enseignants, des parents que des personnels de l’école », résume l’IA-IPR Catherine Veltcheff, spécialiste de la question (lire p19).
Mieux vaut prévenir que guérir dit l’adage, c’est en quelque sorte ce à quoi doivent aboutir les travaux menés par les scientifiques. Si en Amérique du Nord la question a été plus précocement prise en compte face à l’urgence d’un système scolaire à la dérive, en France la notion apparaît officiellement en 2011 avec la création d’une cellule ministérielle ad hoc. Son existence, accompagnée de la mise en place de cellules académiques fait consensus, jamais remise en cause par les ministres qui se sont succédé rue de Grenelle. Ses ramifications peuvent descendre jusqu’au niveau départemental avec de trop rares fois, la nomination de conseillers pédagogiques spécifiques. C’est le cas par exemple en Vendée où, outre l’appui technique et pédagogique apporté par la hiérarchie, les directrices et directeurs peuvent se voir attribuer un quart de décharge supplémentaire pour travailler sur cette question.

Sept facteurs déterminants

Car tout le problème est là, comment agir sur le climat scolaire ? En fait, sept facteurs déterminants ont pu être identifiés, constituant autant de leviers permettant de restaurer un sentiment de sécurité indispensable aux apprentissages, au plaisir d’apprendre et à la motivation d’enseigner. Des facteurs qui font système, ce qui fait dire qu’améliorer le climat scolaire est avant tout une démarche systémique. Catherine Veltcheff les énumère : « la stratégie d’équipe, sa cohérence et sa cohésion mais aussi la pédagogie mise en place, la coopération entre élèves, le sentiment de justice scolaire pour les élèves, la prévention des violences, la coéducation, les pratiques partenariales et la qualité de vie à l’école ».
Pour y parvenir, il n’existe pas de recette miracle, pas de solution toute faite livrée clef en main. Parfois, réfléchir seulement à un des facteurs influe sur les autres. Faire bouger une dimension, en la ciblant, peut faire évoluer les autres. Par ailleurs, si le contexte joue, il faut se méfier des préjugés. La violence, le harcèlement entre pairs sont plus ou moins latents dans les écoles qu’elles soient situées dans des zones urbaines dites sensibles, ou ailleurs.
“Le climat scolaire reflète les expériences vécues par les différents acteurs de l’école, une sorte de ressenti de chacun, aussi bien des élèves, des enseignants, des parents que des personnels de l’école’’

Un diagnostic d’abord

Aussi, est-il préconisé de commencer par faire un diagnostic de ces sept facteurs même si « parfois ce sont des situations de crise qui amorcent la réflexion », remarque Michel Mathé, le conseiller pédagogique mission climat scolaire de Vendée. « S’il importe d’écouter et de prendre en compte tout appel, en particulier la souffrance professionnelle liée à cette situation, il faut pouvoir s’en détacher, la dépasser. Ce qui est nécessaire c’est l’interrogation préalable de l’équipe, ce serait difficile de faire sans un bilan partagé en amont », ajoute-t-il.
Le partage, c’est justement ce que vivent au quotidien enseignants et enseignantes de l’école Château Gaillard à Villeurbanne dans le Rhône. Il se traduit par de nombreux échanges dans l’équipe, l’adoption d’outils de travail communs, de règles de vie elles aussi communes y compris sur le temps périscolaire. « La réflexion se situe d’abord à l’échelle de l’école avant de se préoccuper de sa classe », explique Guillaume Ovize, le directeur. « Faire école » dans cette école de 17 classes constitue la base d’un climat scolaire apaisé. À l’école publique de Chavagnes en Vendée, le sentiment d’appartenance des élèves à leur école est notamment cultivé par la fonction de médiateur et médiatrice qui leur permet de devenir de véritables missionnaires d’un apaisement du climat. Et l’apaisement, c’est du gagnant-gagnant pour tous, PE et élèves, grâce à de bonnes conditions d’enseignement et d’apprentissage instaurées.

Climat scolaire

Dans l’intérêt collectif

Pour améliorer le climat scolaire il apparait essentiel que les collectifs enseignants retrouvent la confiance que l’institution leur doit. Ils pourraient par exemple reprendre la main sur l’organisation des 108 heures et choisir de dégager du temps pour les objets qu’ils jugent prioritaires. Gageons même qu’avec un peu d’accompagnement et de formation continue, la réflexion s’en trouverait grandement enrichie. Et l’enjeu est de taille, car au-delà de l’impact sur la scolarité des élèves c’est un sujet qui peut permettre de faire évoluer positivement la qualité de vie au travail. Enfin, cette question fait forcément écho à d’autres non moins importantes : les effectifs de toutes les classes, les relations aux familles et le lien aux collectivités territoriales sur la question de l’entretien et de l’aménagement des locaux.

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