CAFIPEMF : garder la main

Mis à jour le 13.03.26

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Déjà remodelé en 2021, le CAFIPEMF est à nouveau sur la sellette. Sous couvert de répondre aux besoins de la réforme de la formation initiale, le ministère envisage une certification morcelée et floue. Un projet de formation au rabais dénoncé par la FSU-SNUipp.

Déjà remodelé en 2021, le CAFIPEMF (Certificat d'aptitude aux fonctions de professeur des écoles maîtres formateur) est de nouveau voué à être réformé. La raison sous-jacente : augmenter rapidement le nombre de formateurs et formatrices nécessaires à la réforme de la formation initiale. En effet, il est prévu que 50% des heures de formation soient dispensées par “des personnels de terrain”, en Licence professorat des écoles (LPE) comme en Master des métiers de l’enseignement et de l’éducation (M2E).

Pour répondre à cet objectif, le ministère envisage une formation segmentée en trois blocs : “français et mathématiques”, “accompagnement individuel” et “formation collective”. Mais les éléments fournis par l’administration sont flous et lacunaires : aucune information sur la composition des jurys, ni sur les attendus pour l’obtention des différents blocs, ni même sur le référentiel de compétences sur lequel reposeront ces attendus. Quid également de la formation pour l’obtention des différents blocs ? Ces derniers n’auraient pas vocation à être présentés la même année mais pourraient l’être au fil de “l’expérience professionnelle” acquise par les candidats et candidates.

Pourtant, la mission de formateur et formatrice fait déjà face à une désaffection importante de la profession, en raison de conditions de travail et de rémunérations dégradées. La centration sur les “enseignements fondamentaux” est un exemple type de non prise en compte des besoins de formation du terrain. La priorité est de lutter contre les inégalités scolaires qui se maintiennent toujours à un haut niveau.

Le CAFIPEMF ne doit pas devenir une certification au rabais. La formation initiale et continue des enseignant·es, levier indispensable de la lutte contre les inégalités scolaires, nécessite une réelle formation des formateurs et formatrices en lien avec la recherche, et une amélioration de leur conditions d’exercice et de rémunération. Ils et elles doivent garder la main sur la conception de leurs actions de formation.