Classer pour faire émerger le commun
Mis à jour le 26.06.26
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Les élèves mobilisent leurs connaissances sur la classification du vivant à l’occasion d’une rencontre scientifique.
« Nous devons trouver le caractère pour chaque boîte en fonction des animaux qui s’y trouvent » explique Maxence. « Le caractère commun entre la vache, le pigeon et la grenouille, c’est qu’ils ont quatre membres », affirme Apolline. Ce matin, des élèves de cycle 3 de deux écoles de Gironde, à Sainte-Radegonde et Saint-Étienne-de-Lisse, participent à une rencontre organisée par le REP dont ils font partie autour de la classification du vivant. Ils croisent leurs connaissances et s’appuient sur les documents fournis. « On voit sur les radios que la sardine a une colonne vertébrale comme le pigeon et la grenouille. » Ils confrontent aussi leurs points de vue. « L’araignée a des poils comme la vache », « oui, mais elles sont dans des boîtes différentes, l’araignée est avec la coccinelle car elles ont un squelette externe ». Et se mettent d’accord : « Tous les animaux ont des yeux et une bouche. C’est le caractère commun à la plus grande boîte. »
La classification phylogénétique c’est aussi définir les groupes issus d’un même ancêtre. Les élèves s’y attellent à travers un atelier sur l’arbre de l'évolution. Partir du premier critère commun « les yeux et ou la bouche » pour déployer les différentes branches. « Squelette interne », « squelette externe » « coquille visible ou cachée » ? À chaque nouveau caractère, des embranchements différents. La verbalisation est nécessaire pour retracer le chemin. « Le lézard a des yeux et une bouche, un squelette interne, 4 membres et une mâchoire à large ouverture ». Mais aussi pour faire des liens qui parfois surprennent autant les adultes que les élèves. « Qu’est-ce qui est le plus proche du crocodile, le lézard ou le coq ? », « Le coq car ils ont tous les deux un gésier ».
DES APPROCHES VARIÉES
Emma Briant, l’enseignante de Sainte-Radegonde est satisfaite de voir ses élèves argumenter et mobiliser efficacement leurs connaissances. « Au départ, ils étaient sur des actions de tri, se souvient-elle. Depuis, ils ont appris à classer et à utiliser des critères pertinents ». Et ce n’est pas simple de chercher ce qui est commun plutôt que ce qui diffère. Elle a introduit des attributs morphologiques, anatomiques comme critères scientifiques et les élèves ont rédigé des définitions, construit un référentiel commun. « À chaque fois que je proposais un nouvel animal, on l’observait pour voir dans quelles boîtes le classer ».
Bertrand Lacoste, l’enseignant de Saint-Étienne-de-Lisse, a choisi la diversité du monde vivant comme approche. « En partant de lectures documentaires et d’une sortie à la découverte des “Petites bêtes”, nous avons peu à peu mis en avant les caractères pertinents pour classer les êtres vivants. C’est compliqué et ça prend du temps, mais ça permet de construire une démarche scientifique. »
Ce projet initié par la conseillère pédagogique du REP s’est accompagné d’une formation et d’outils pédagogiques bienvenus pour aborder une notion aussi complexe que l’évolution. Et la rencontre du matin a permis de réinvestir et d’asseoir la solidité des connaissances acquises en classe en les utilisant dans un contexte différent et en faisant se confronter les points de vue.