CAP SUR L’ISS
Mis à jour le 24.06.26
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Des élèves enfilent le costume de congressistes à la Cité de l’espace à Toulouse.
« Notre mission s’appelle MEP, Mission Espace Propre. Nos objectifs sont de nettoyer l’Espace autour de l’ISS et d’éliminer les déchets ». Les élèves des trois classes de CM du groupe scolaire Fernand Camescasse et quelques 6e et 5e du collège Jean Jaurès de Maubourguet dans les Hautes Pyrénées ont fait le déplacement jusqu’à la cité de l’espace de Toulouse pour présenter leur projet de mission spatiale à la 17e édition du congrès scientifique des enfants. « Pourquoi avez-vous choisi cette mission ? » demande une élève dans l’auditorium. « Il nous a paru important de nettoyer l’espace. Il y a assez de pollution sur Terre, il n’en faut pas plus dans l’Espace » répond Mayron sur la scène. « Et c’est dangereux. Un débris se déplace à environ 28 000 km/h. Il peut détruire des satellites actifs ou menacer des astronautes lors des sorties extravéhiculaires » ajoute Paul.
Les spécialistes en herbe exposent leurs travaux aux autres congressistes en prenant appui notamment sur leur maquette comprenant un aimant puissant pour attirer les métaux ferreux ou un broyeur pour compacter les déchets. Si le bras robotique articulé muni d’un fi let pour récupérer les autres déchets est déjà à l’état de prototype, le four solaire de fusion nécessaire pour faire fondre certains matériaux afin de les recycler, lui, est resté à l’étape de la conception. Un autre groupe de l’école présente la seconde mission : « comment rendre la station totalement autonome ? ».
UN PROJET SUR L’ANNÉE
Cette matinée est le point d’orgue d’un an de travail encadré par Sandrine Rimaud, enseignante en CM et Élodie Tarissan professeure de sciences physiques au collège. Elles se sont lancées dans ce projet car « il offre une occasion de travailler la liaison
scientifique sous tous ces angles : expérimenter, analyser, dessiner, représenter, fabriquer la maquette, rédiger des écrits spécifiques, préparer un oral et acquérir des connaissances sur le domaine spatial. Cela donne du sens à ce qu’ils apprennent mais la logistique avec plus de 80 élèves impliqués a été lourde » confient-elles. Elles ont donc pratiqué par étapes.
Elles les ont d’abord amenés à se poser des questions à travers diverses expériences menées en classe. « Nous leur avons fait découvrir la notion de microgravité grâce à du matériel prêté par la cité de l’espace. En filmant au ralenti le vol de légos enfermés dans une boîte jetée en l’air, les élèves ont pu imaginer les eff ets de la gravité sur les astronautes et se rendre compte des conditions de vie dans l’ISS » explique Élodie. « Nous avons aussi vu comment faire grandir des plantes sans terre, sur de l’argile » complète Sandrine. Ils ont également découvert la nécessité de se laver avec des lingettes, et le type de nourriture présente dans l’ISS.
“IMAGINER LES EFFETS DE LA GRAVITÉ”
Tout le long, les apports théoriques enrichissent les réflexions des élèves et les amènent à choisir les deux missions qu’ils présenteront au congrès scientifique. « Ils ont eu l’idée d’une mini-ferme à bord quand ils ont goûté les rations qu’ils ont trouvées très fades, sourit la PE. Le recyclage des déchets, lui, est venu de manière spontanée dans les discussions ».
Une fois les missions votées, comme dans une vraie équipe scientifique, les enfants se répartissent les différents rôles complémentaires entre la fabrication des maquettes et la préparation de la présentation des missions au congrès. Tout le long des allers-retours au sein des équipes sont nécessaires entre les contraintes de fabrication, la robustesse scientifique de certaines propositions et les questions éthiques. « On s’est demandé ce qu’on ferait des déchets récoltés. Certains ont proposé de les mettre sur la Lune, mais ça ne peut pas devenir notre déchetterie ! L’idée du four est venue comme ça et l’équipe de la maquette a dû le fabriquer » résume un groupe d’élèves.
PREMIERS PAS VERS LA RECHERCHE
Ce projet est aussi l’occasion d’un premier contact avec le monde de la recherche grâce à la venue dans les classes de doctorantes et doctorants. « Nous sommes venues présenter aux enfants notre parcours », expliquent Coline Thuille et Émilie Tortel, l’une doctorante en psychologie cognitive, l’autre en informatique. Au détour des échanges et de l’aide qu’elles apportent lors de la fabrication de la maquette, c’est aussi pour elles un moyen de montrer que les sciences sont accessibles aux femmes.
Par ailleurs, elles ont aidé à préparer l’oral qui a demandé un travail spécifique. « Monter sur une scène pour faire une présentation dans un auditorium sans l’intervention d’un adulte peut être impressionnant, précise Sandrine. Nous avons fait des exposés de manière hebdomadaire pour les entraîner et avons choisi de les faire lire plutôt qu’apprendre par cœur pour éviter qu’ils récitent comme une poésie. En écrivant la trame de leur intervention, ils ont aussi veillé à utiliser le vocabulaire scientifique le plus précis possible, comme les chercheurs ».
À voir le plaisir des élèves à parler de « plantations en hydroponie » ou de « sorties extravéhiculaires », l’objectif est atteint. La visite de la cité de l’espace avec sa reproduction grandeur nature de la fusée Ariane 5, une reproduction de la capsule Soyouz ou le module lunaire d’Apollo, complète cette plongée d’un an dans l’aventure spatiale.
“Donner le goût des sciences”
Interview de SAMIA NEDJARI, PE chargée de mission à la Cité de l’espace de Toulouse
EN QUOI LA CITÉ DE L’ESPACE EST-ELLE UN POINT D’APPUI POUR LES PE ?
La cité propose des laboratoires où les PE sont accompagnés pour mener des expériences avec leurs élèves. Fabriquer une comète à l’aide de carboglace et de charbon, faire chauffer des chamallows pour imaginer ce qui se passe quand un objet entre dans l’atmosphère, utiliser des calculateurs de vitesse de chute, autant d’espaces et de matériel que les PE n’ont pas dans les écoles. Un planétarium permet aussi de simuler un voyage dans l’espace, jusqu’à l’ISS, la Lune, ou à travers les anneaux de Saturne. Il y a un côté fascinant pour les enfants. Cela permet aussi d’éveiller la curiosité des élèves et de leur donner le goût des sciences.
VOUS PROPOSEZ DES PROJETS SUR L’ANNÉE, POURQUOI ?
Les projets menés permettent de travailler les trois piliers de l’EAC. “Fréquenter”, à travers la visite de ce lieu mais aussi la rencontre avec des acteurs locaux ou des doctorants pour faire rentrer les élèves dans le monde de la recherche. “Pratiquer” lorsqu’ils mènent les expériences ou construisent des maquettes en cherchant à s’adapter aux contraintes du spatial. Et enfin, “s’approprier” avec la mise en relation des différents champs disciplinaires nécessaires. Nous fournissons pour cela des mallettes avec du matériel utilisable en classe et accompagnons les PE pédagogiquement toute l’année.
SUR TOUT LE TERRITOIRE
Au-delà du projet maternelle “P’tits ingés et astronautes" qui permet de sensibiliser les élèves de 3 à 6 ans, la cité de l’espace propose des projets pour les élémentaires qui s’adressent à toute la France métropolitaine et d’outre-mer.
Pour le cycle 2, le projet “Défi Robot Martien” propose une initiation au code à l’aide de petits robots. Les élèves doivent piloter un Rover qui est sur Mars pour relever un défi collaboratif. Formation sur place ou à distance en début de projet et prêt de matériel en France hexagonale et outre-mer permettent à 16 classes de cycle 2 de se lancer.
Pour le cycle 3, la première édition du projet “Space challenge” aura lieu à la rentrée prochaine. Les classes devront mener des expériences en classe pour relever des défis à intervalles réguliers. Les classes du CM1 à la 5e, s’entraideront via un espace numérique et collaboratif permettant d’échanger leurs observations. Les équipes enseignantes bénéficient d’une formation, une mallette pédagogique, d’un espace numérique et d’interventions en classe ou à distance. Inscriptions possibles jusqu’au 25 septembre.