Au quotidien à St-Julien
Mis à jour le 17.03.26
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Chaque jour, à Saint-Julien-de-Chedon, les élèves de CM1/CM2 travaillent les compétences psychosociales en coopérant.
« Comment on utilise le compas ? », demande Melvin. C’est avec patience et précision que Nylan prend le temps d’expliquer à son camarade le fonctionnement de cet instrument de traçage et mesure mathématique. Tout en le manipulant, Nylan verbalise ses gestes : « Tu places la pointe du compas sur un des angles du triangle, tu poses la pointe du crayon à l’autre bout, ensuite tu déplaces le compas et regardes si un autre côté du triangle est de la même longueur. » Melvine, rassuré, se lance en suivant pas à pas les précieux conseils. Un sourire illumine son visage car il a compris et peut réaliser seul l’exercice demandé.
Pour les élèves de CM1/CM2 de Saint-Julien-de-Chédon, petite commune rurale du Loir-et-Cher (41), aider ses camarades fait partie du quotidien. Un fonctionnement en tutorat « gagnant-gagnant » qui renforce la confiance et l’estime de soi de toutes et tous. « J’aime faire découvrir des choses que je sais déjà », explique Nylan. Pour Shanna c’est aussi apprendre à se mettre à la place des autres « Quand j’ai besoin d’aide, j’aime bien que quelqu’un le fasse alors quand je peux aider, je n’hésite pas et ça me rend fière ».
AU SERVICE DES APPRENTISSAGES
Dans cette classe qui fonctionne de manière coopérative, chacun ou chacune est à un moment ou un autre un ou une experte. « Un enseignant seul ne peut pas répondre aux nombreuses sollicitations, détaille le maître Laurent Valgresy. Être plus nombreux à aider c’est aider davantage d’élèves qui gagnent en confiance et en autonomie. Être reconnu expert par ses pairs c’est aussi valoriser des compétences dites moins scolaires comme la maîtrise du dessin par exemple ». Mais pour ce PE, travailler en coopération permet surtout aux élèves d’être acteurs de leurs apprentissages. « Plus on leur donne la possibilité de choisir, plus ils s’engagent dans la tâche. »
Chaque jour, à tout moment de la journée, les compétences de savoir-être sont sollicitées que ce soit à l’occasion de la dictée coopérative, du travail personnel, au moment de la présentation d’un exposé ou lors d’un conseil coopératif. Écoute, argumentation, respect et attention aux autres, gestion des émotions et du stress ou encore autonomie sont autant de compétences psychosociales (CPS) vécues. « Je n’ai pas attendu que les CPS soient inscrites dans les programmes pour les travailler et faire société dans ma classe, affirme Laurent en souriant, et je regrette que l’institution ne forme pas davantage à la pédagogie coopérative ».
Militant USEP, cet enseignant est aussi convaincu de l’importance des activités sportives pour apprendre à faire des choix, prendre des risques, s’écouter et argumenter. « Là encore, les élèves sont acteurs et jouent des rôles sociaux différents comme celui d’arbitrer par exemple, ajoute Laurent mais c’est aussi offrir aux élèves des occasions de se dépasser, de relever des défi s lors de rencontres sportives ».
A lire également dans ce dossier :
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- “Les compétences psychosociales ne sont pas des savoirs objectifs” : interview de Denis Paget, ancien membre du conseil supérieur des programmes et professeur de lettres.