Salaires en hausse ? Pas pour les fonctionnaires

Mis à jour le 30.01.18

Le candidat Emmanuel Macron l'avait promis : la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) serait compensée par une baisse des cotisations salariales aboutissant au final à une hausse des salaires. L'application des mesures en janvier se traduit au contraire par une baisse de la rémunération des fonctionnaires et des pensions de retraite.

Le Premier ministre l'avait assuré au moment de la mobilisation de la Fonction publique, le 10 octobre dernier:"les fonctionnaires, qui paient des cotisations, verront leur montant baisser. Les autres se verront appliquer une prime pour neutraliser l'impact de l'augmentation de la CSG". A l'examen de leur fiche de salaire de janvier, les agents publics vont une fois de plus constater que le compte n'y est pas. 

Une hausse de la CSG mal compensée

Pour les fonctionnaires, l'augmentation de la CSG de 1,7 point est compensée d'une part par la suppression de la « cotisation exceptionnelle de solidarité » de 1%, d'autre part par la mise en place d'une « indemnité compensatrice de la hausse de la CSG ». Cette indemnité de compensation calculée au 1er janvier 2018 pourra faire l’objet d’un ajustement au 1er janvier 2019 sous réserve qu’elle soit plus favorable à l’agent. Passée cette date, son montant n'évoluera plus.

Une perte de salaire dès janvier 

En ouvrant leur bulletin de salaire de janvier, les professeurs d'école vont s'apercevoir que le mode de calcul de l'indemnité ne permet pas une compensation totale. De surcroît, l'indemnité va s'éroder progressivement, son montant fixe ne compensera pas au fil du temps une CSG calculée sur la base d'un pourcentage. 

Drôles d'étrennes pour les enseignants

Janvier, c'est aussi le mois choisi pour augmenter les cotisations « pension civile » qui passent de 10,29% à 10,56 % ce qui représente de 4 à 10 euros de cotisation supplémentaire par mois (soit autant de salaire net en moins !).  Sans oublier le retour du jour de carence, le report de l'application du protocole PPCR et le gel du point d'indice. Autant de mesures punitives pour des fonctionnaires qui sont appelés à se mobiliser dès le mois de mars par le SNUipp et la FSU pour défendre leur pouvoir d'achat.

Les retraités pénalisés

Pour les retraités , c'est la double peine car la compensation par les cotisations salariales ne s'applique pas . Ainsi ceux qui touchent plus de 1300 euros par mois (60 % d'entre eux, loin d'être des nantis !) subissent une hausse de la CSG de 1, 7 points. 4,5 milliards  de ponction supplémentaire sur les pensions de retraite et d'invalidité alors qu'aucune revalorisation n'est prévue pour 2018. De quoi là aussi, générer colère et mobilisations à venir. Le SNUipp, la FSU et le groupe des 9 appellent d'ores et déjà à des manifestations le 15 mars prochain.

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