Mouvement : saut dans l’inconnu

Mis à jour le 30.04.19

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Bugs à répétition, règles chamboulées, autant dire que le mouvement 2019 ne se déroule pas de façon sereine. Au centre des inquiétudes : l'obligation de vœux géographiques larges, le risque de nomination à titre définitif sur des postes non désirés mais aussi la publication tardive des premiers résultats en juin.

Un poste non désiré mais à titre définitif, une affectation à plusieurs dizaines de kilomètres, un rapprochement de conjoints impossible, voici quelques-unes des situations craintes par les enseignantes et enseignants des écoles participant au mouvement 2019. Ce moment essentiel dans la carrière a été affecté cette année par de nouvelles règles imposées et non validées par le SNUipp-FSU en intersyndicale mais aussi de nombreux bugs. 

Dès l’ouverture, le serveur s’est mis en rade, repoussant de plusieurs jours la saisie des vœux dans de nombreux départements. Et en clôture, « de nouveaux problèmes techniques empêchent l’émission des accusés de réception et donc la vérification des barèmes pris en compte », témoigne ainsi le SNUipp-FSU des Alpes-Maritimes. Mais, au centre, ce sont les modalités imposées par l’administration qui posent problème. En premier lieu : le risque de nomination à titre définitif sur des postes non désirés, les vœux larges obligatoires pour les PE devant participer au mouvement ainsi que les "vœux précis et géographiques" pour l'ensemble. Chaque département est découpé en vastes zones, quatre par exemple dans le Calvados si bien que le risque est « un poste non désiré, à titre définitif, dans une zone peu demandée dont il sera très difficile de sortir », explique le SNUipp-FSU normand ou sur un « type de poste non désiré non plus, en spécialisé par exemple ». 

À l’aveugle

Dans l’Oise, même constat « l’algorithme étudie en premier les zones les moins attractives ». Les élues et les élus du personnel du SNUipp soulignent également le mic-mac des points en cas de « séparation de conjoints » au sein du département qui empêche de fait de nombreux couples d’en bénéficier. Résultat : les réunions d’information consacrées au mouvement ont fait le plein dans tous les départements : 200 demandes et « seulement 150 acceptées par l’administration » dans le Calvados par exemple. « Avec beaucoup de stress pour les collègues », ajoute le SNUipp 60. « Avec le bug et ces nouvelles règles, tout a été repoussé. Les résultats ne seront connus qu’en juin et la deuxième phase d’ajustement n’est pas garantie avant l’été. C’est tendu pour tout le monde », les PE comme les services de l’Éducation nationale. Ces réunions ont permis de mieux expliquer les règles et les risques mais « nous craignons qu’en dehors de ces réunions, beaucoup aient saisi leurs vœux à l’aveugle ». Avec des très mauvaises surprises à l'arrivée !

Le SNUipp-FSU est intervenu plusieurs fois depuis cet automne auprès du ministère et encore en intersyndicale en avril. Il a dénoncé « l’impréparation totale » des services départementaux dans de nombreux endroits : « règles non stabilisées, interprétations erronées des Dasen », mais aussi « apparition de nouvelles règles comme des paliers pour la prise en compte de l’AGS » ou « concertation dans certains départements de pure forme des organisations syndicales ». Pourtant, les revendications sont claires et le SNUipp-FSU les a rappelées : rétablir une deuxième phase, affecter les personnels sur des postes précis et non des postes zones géographiques, ne pas les nommer à titre définitif sur des postes non demandés, ne pas rendre obligatoires les vœux larges et supprimer les postes profilés.