« Passer de la remédiation à la prévention »

Publié le 18.11.16

Trois questions à Nathalie Mons, présidente du Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco)

Ce rapport remet-il en cause l'Éducation prioritaire et le travail des enseignants ?

Le rapport ne vise aucunement le travail des enseignants très engagés mais il analyse les politiques scolaires. Il détaille le climat scolaire difficile dans lequel vivent les élèves et les enseignants dans les établissements de l'éducation prioritaire. Le rapport montre que les réformes à répétition de l'éducation prioritaire avec leur empilement de dispositifs jamais évalués n'ont pas permis sur les 35 dernières années de lutter efficacement contre les inégalités à l'école.

Il insiste sur le fait que les ressources de l'éducation prioritaire doivent continuer à irriguer ces contextes scolaires difficiles mais qu'à l'avenir, d'autres politiques doivent être développées en parallèle, comme la déségrégation des établissements les plus difficiles ou encore un nouveau modèle d'allocation des ressources budgétaires pour améliorer l'efficacité pédagogique des moyens investis.

Que font les autres pays d'Europe que la France
ne fait pas ?

Durant les 30 dernières années, les pays qui font réussir les élèves les plus défavorisés socialement sont passés d'une logique de remédiation (aider les élèves en difficulté une fois qu'ils ont accumulé des retards) à une logique de prévention de la difficulté scolaire (formation continue des enseignants à la difficulté scolaire dans les disciplines fondamentales, intervention de maîtres surnuméraires formés à la didactique directement dans les classes...). Les classes ségrégatives au collège ont reculé. Dans le cadre de la loi de Refondation des premières mesures allant dans le sens de cette prévention ont été prises en France (PDMQDC...) et devront être appliquées de façon volontariste.

La récente réforme de l'Éducation prioritaire a-t-elle fait les bons choix ?

La relance de l'éducation prioritaire en 2014 a été plus efficace que les plans des années précédentes, parce qu'on s'est résolument centré sur le pédagogique. Le rapport précise qu'il y a eu une démarche très volontariste de mise en œuvre, la première année, notamment la refonte de la carte de l'éducation prioritaire, un réseau de formateurs...
La seconde année par contre, dans de nombreuses académies les efforts se sont portés davantage vers la réforme du collège que  vers l’éducation prioritaire. Le primaire a davantage poursuivi une mise en œuvre de qualité.

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