Outiller tous les élèves, dès la maternelle !

Publié le 27.01.17

Le terme d'enseignement explicite est apparu récemment dans au moins deux textes officiels d'importance, le référentiel de l'éducation prioritaire et les nouveaux programmes de 2015. Si chacun peut s'accorder qu'il est essentiel que les élèves comprennent ce que l'on attend d'eux, de quoi parle-t-on exactement quand on évoque « un enseignement plus explicite » ?

Les nouveaux programmes de 2015 posent pour la première fois la nécessité d'enseigner plus explicitement pour permettre à tous les élèves d'accéder aux apprentissages particulièrement pour ceux qui sont les plus fragiles scolairement.

Les chercheurs du courant cognitiviste comme Michel Fayol ou plus didactique comme Sylvie Cèbe et Roland Goigoux considèrent que le concept d'enseignement explicite est une démarche, une préoccupation permanente de l'enseignant plutôt qu'une méthode qui structurerait de manière mécanique les séances d'apprentissage. Il s'agit d'abord, selon eux, d'outiller dès la maternelle les élèves des principes de base (chronologie, repères dans l'espace, catégorisation, développement de la mémoire de travail...) et d'identifier les causes d'incompréhension plutôt que les conséquences. Un temps suffisant doit être consacré aux répétitions, aux verbalisations et à l'explication collective des conditions de réussite d'une tâche.

Identifier les objets d'apprentissages

Au préalable, un travail précis de l'enseignant doit permettre d'identifier les objets d'apprentissage et les enjeux cognitifs des situations qu'il propose. Charge à lui de les faire partager à tous les élèves et de réussir à les mettre en réflexion sur ce qu'ils sont en train d'apprendre et pas seulement de faire. On est donc bien loin du concept « d'instruction directe » popularisé par le Canadien Steve Bissonnette qui consiste à aller du plus simple vers le plus compliqué dans le cadre de séances modèles sous la conduite d'un guidage fort du maître.

Pour Jacques Bernardin du GFEN, l'enseignement explicite relève moins du travail du maître en préalable des situations d'apprentissage que de l'activité des élèves qui, sous sa conduite, doivent exercer un recul réflexif et un échange critique. Une démarche qui nécessite de se focaliser sur les véritables activités des élèves que l'on veut aider à réussir. Car comme le rappellent les chercheurs de l'université Paris 8 dont Jean-Yves Rochex, il est nécessaire de s'assurer que les situations que l'on présente aux élèves soient suffisamment explicites, pas seulement dans le résultat attendu mais également dans les compétences scolaires qu'elles permettent de développer.


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