Masculinisme : un projet politique contre les femmes

Mis à jour le 17.03.26

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Pour le HCE, la culture de l’égalité constitue une réponse centrale pour « une transformation structurelle des mentalités »

60% des hommes pensent que « les féministes ont des demandes exagérées envers les hommes » et 40% considèrent que des avancées pour les femmes sont néfastes pour eux. Ces chiffres, issus du rapport 2026 sur l’état du sexisme en France du Haut conseil à l’égalité (HCE), correspondent à un « mythe de l’égalité déjà là » alors que les discriminations à l’encontre des femmes persistent (84% des femmes ont déjà vécu une situation sexiste). Inversant les rapports de domination, ce mythe place les hommes en position de victimes : une personne sur six considère qu’il est désavantageux d’être un homme.

Cette « prétendue fragilisation de la condition masculine » alimente un « phénomène masculiniste » dangereux. Le HCE alerte sur un courant idéologique militant reposant sur la haine et la violence envers les femmes qui s’inscrit désormais au sein de réseaux structurés, de plus en plus financés. « Il ne s’agit pas d’un discours sur le genre mais d’un projet politique réactionnaire visant à restaurer un ordre social inégalitaire » et qui « représente une menace réelle pour la cohésion sociale, la sécurité publique et les principes démocratiques » note le rapport.

Pour le HCE, la culture de l’égalité constitue une réponse centrale pour « une transformation structurelle des mentalités ». En effet le masculinisme s’appuie sur un sexisme qualifié « d’hostile » assumant dévalorisation, agressivité et violence auquel adhèrent 17% des personnes de plus de 15 ans. Pour autant un sexisme plus ordinaire « paternaliste », plus insidieux existe. Sous couvert de protection ou de bienveillance il contribue à naturaliser les rapports de dépendance et renforce normes sexistes et organisation patriarcale. Ce qui constitue un continuum des violences de genre qui sont minimisées et banalisées. Le HCE appelle à une réponse globale, coordonnée et durable.

2 questions à Bérangère Couillard

Bérangère Couillard

Bérangère Couillard présidente du Haut Conseil à l’Égalité

L’ÉDUCATION PEUT-ELLE AGIR CONTRE L’IDÉOLOGIE MASCULINISTE ?

Très tôt, la majorité des filles se sentent inférieures aux garçons, il s’agit de les rassurer en compétences et en projections émancipatrices. D’autre part, il faut rendre les jeunes moins perméables aux discours sexistes ou haineux prégnants sur les réseaux sociaux. Des contenus pornographiques de plus en plus durs (apologie du viol, tortures…) sont accessibles dès 11 ans. Le programme d’EVAR/S est une sortie de cette voie quasi unique d’informations sur l’intime, en restant adapté à l’âge. Alors que 8 personnes sur 10 y sont favorables, des craintes persistent. Sa mise en place doit être effective pour le rendre « normal », participer à lutter contre toute forme de sexisme et porter une politique égalitaire.

QUELLES AUTRES PISTES?

Reconnaître le risque réel de cette masculinité radicale, comme une menace sérieuse avec une haine de plus en plus présente. Cela implique que les services de sécurité prennent en compte le sujet. Identifier le langage spécifique de ces réseaux, réguler les plateformes numériques avec la nécessité de passer par la loi, mais aussi mettre fin à une impunité des agresseurs. L’écart entre le nombre de victimes et leur prise en charge par la justice reste abyssal.

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