“Penser l’avenir”
Mis à jour le 25.11.25
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Rafaëlle Mottet tient la librairie La Vagabonde à Saint-Martin-Vésubie dans les Alpes-Maritimes
QUEL EST VOTRE PARCOURS ?
J’ai fait des études littéraires avant un double parcours droit et histoire de l’art. Alors, devenir libraire est un juste retour à ce qui me plaît ! Avoir été avocate spécialiste de la propriété intellectuelle m’a aidé à mieux comprendre ce nouvel environnement professionnel, le fonctionnement des différents acteurs du monde de l’édition, même si la librairie est au bout de la chaîne et qu’il y a d’autres aspects du métier. Mais passer d’un gros cabinet de juristes parisiens à la vie rurale, c’est une vraie rupture de vie.
TENIR UNE LIBRAIRIE DANS UN PETIT VILLAGE DU MERCANTOUR, C’EST UN DÉFI ?
C’était un choix réfléchi, mais il y a des enjeux particuliers, comme la saisonnalité, on travaille surtout l’été, et des paramètres que l’on ne maîtrise pas et qui jouent sur un équilibre, déjà précaire. Depuis la tempête Alex, on connaît ici l’importance du risque climatique, mais pour aller de l’avant, il faudrait cesser d’instrumentaliser, au niveau médiatique et politique, les images de catastrophe, de villages meurtris, et prendre appui sur la résilience du territoire. Penser l’avenir et l’attractivité, ne pas tomber dans une proposition de « montagne-parc d’attraction », c’est un défi collectif qui nécessite de prendre en compte les gens qui vivent là.
QUELS SONT VOS LIENS AVEC LE VILLAGE, ET NOTAMMENT LA MÉDIATHÈQUE
ET L’ÉCOLE ?
J’ai appris à connaître les attentes des habitants, qui cherchent plus de livres sur la montagne que sur la politique par exemple. C’est dommage, au vu de l’isolement, de ne pas travailler en synergie avec les autres acteurs culturels, comme la médiathèque départementale. Mais comme c’est petit et qu’on se connaît tous, les liens se font directement avec les enseignants qui me font confiance !