Vers une précarité énergétique ?
Mis à jour le 07.04.26
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Face à la flambée des prix de l’énergie, les personnels des écoles se retrouvent étranglé·es financièrement par les coûts de transports et leur revalorisation salariale devient de plus en plus urgente…
La situation internationale et les tensions géopolitiques actuelles pèsent lourdement sur le portefeuille des personnels de l’Éducation nationale. Alors que les prix de l’énergie s'envolent, le gouvernement se contente de regarder passer le train de l'inflation, laissant les professeurs des écoles et les AESH dans une précarité grandissante.
Une perte de pouvoir d'achat historique
C'est un fait comptable : en vingt-cinq ans, les traitements indiciaires des agent·es publics ont perdu près d’un quart de leur valeur en euros constants.
Pour les personnels des écoles, cette nouvelle crise énergétique est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Pour rejoindre son affectation (souvent éloignée pour les remplaçant·es ou les jeunes collègues), dans le contexte d’augmentation brutale et incontrôlée des prix de l’essence, les personnels vont devoir mettre encore la main à la poche pour aller travailler au service de l’intérêt général.
Le constat est alarmant : si rien n'est fait, la prochaine revalorisation du SMIC au 1er juillet va placer de nombreux échelons des catégories C, B,voire de catégorie AA, sous le salaire minimum.
Les AESH, déjà plongé·es dans une précarité structurelle avec des temps incomplets imposés, voient leur traitement indiciaire de base être rattrapé par le SMIC. C'est une insulte à leur professionnalité et à l'importance de leurs missions.
Les PE en début de carrière (catégorie A) sont désormais menacé·es par ce tassement des grilles. L'attractivité du métier, déjà au plus bas, ne pourra pas se redresser sans un choc de rémunération.
L'absurdité du télétravail
Face à cette crise, le ministre évoque un recours accru au télétravail. Une réponse totalement déconnectée de la réalité et qui ne peut pas s’appliquer pour les PE et les AESH : peut-on enseigner devant une classe ou accompagner un élève en situation de handicap depuis son salon ?
Nos missions se font sur le terrain, au cœur des écoles, auprès des élèves.
Climat et pouvoir d'achat : un même combat
Pour la FSU, l'urgence est aussi de sortir de la dépendance aux énergies fossiles et à la spéculation des multinationales. Nous portons l'exigence d'une transition vers les énergies renouvelables et d'une gestion publique du secteur de l'énergie. Protéger le climat et protéger le pouvoir d'achat des travailleuses et travailleurs sont deux faces d'une même pièce.
La FSU demande au gouvernement de cesser ses mesures d’ajustement à la marge et d’engager un plan d'urgence :
- Plus 400 € mensuels : attribution uniforme de 80 points d’indice pour toutes et tous
- Revalorisation du point d'indice : augmentation immédiate d’au moins 20 %
- Indexation : retour de l’indexation des salaires sur les prix (échelle mobile des salaires) pour ne plus subir l'inflation
- Refonte des carrières : ouverture immédiate de négociations sur les grilles indiciaires
Rendez-vous le 1er mai
La FSU-SNUipp appelle l’ensemble des personnels des écoles à faire du 1er mai une grande journée de mobilisation pour les salaires et pour le service public d'Éducation.
Les effets de la crise ne sont pas une fatalité : c'est un choix politique. Une autre répartition des richesses est possible !