Didier Lockwood : adieu l'artiste !

Mis à jour le 20.02.18

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Il était un fervent défenseur de ce qu'il appelait la réconciliation du corps et de l'esprit. Il regrettait que les apprentissages soient cloisonnés et déconnectés de ce qui compose un être humain : un affect et un intellect, du "sensible" et du "sensé" dans un corps.

« Il ne suffit pas d'être un bon technicien de la musique pour faire un bon musicien, il faut faire comme vous sentez », ce sont ces paroles que nous avons retenues lors du passage de Didier Lockwood en ouverture de la 11e Université d'automne du SNUipp-FSU en 2011. Musicien et vice-président du Haut conseil de l'éducation artistique et culturelle, il défendait la place des arts à l'école, non comme un supplément d'âme mais comme le moteur de l'apprentissage de la gestion des émotions et des sens dans l'ensemble des disciplines.

Didier Lockwood 3©Bernard Martinez

« La vie reste une totale improvisation »

"Faut-il tout avoir sous contrôle ou nous laissons-nous des espaces de  « lâcher prise » ? " S 'était-il questionné lors de son passage à l'Université d'automne. Il imaginait volontiers qu'en musique comme dans la vie, «un improvisateur est un compositeur sans gomme ». Sans un minimum de confiance on ne peut sortir du cadre, « on ne peut ajouter des bulles à l'eau plate. En musique comme ailleursl'improvisation est souvent la règle " , rajoutait-il . Une philosophie qu'il mettait en relation avec le libre arbitre qui oblige chaque individu à être conscient de ses choix et à savoir refuser. 

Il privilégiait une approche de l'éducation musicale par le corps. La meilleure manière pour lui, toujours, de réconcilier le "sensé et le sensible". 

brizemur musique

En octobre 2016, il avait encore une fois répondu présent lorsque Fenêtres sur cours avait consacré son dossier à l'enseignement de la musique. Lire ici.

Aujourd'hui, à l'annonce de son décès brutal, l'eau et le champagne ont perdu leurs bulles, même si cela ne doit pas nous empêcher de le saluer une fois encore : "Adieu L'artiste !"

Lire dans le spécial Université d'automne 2011