La carte scolaire 2018 au scanner

Mis à jour le 11.10.18

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Les conditions de la rentrée 2018 montrent une nouvelle fois la nécessité d’investir réellement dans la « priorité au primaire ». Une exigence qui sera au cœur de la mobilisation des enseignants le 12 novembre prochain. Chiffres et analyse.

Alors que les dernières opérations d’ajustement de la carte scolaire 2018-2019 sont achevées, le SNUipp-FSU fait l’analyse d’une situation difficile à bien des égards.
Les chiffres définitifs montrent que la dotation de 3 880 postes créés à cette rentrée est insuffisante pour assurer le dédoublement des CE1 de REP+ et des CP de REP, un dédoublement qui « consomme » à lui seul 5 605 postes.
Conséquence de cette dotation insuffisante : la facture est lourde pour les « plus de maîtres » dont près de 1 400 postes disparaissent sur les 3 000 existants encore à la rentrée 2017 alors même que ce dispositif plébiscité par la profession et aux résultats prometteurs n’a pas été évalué.
La facture est lourde également pour la maternelle avec un solde négatif de près de 575 classes, tout comme pour le rural. Si le volume de remplaçants est abondé de 325 postes, que 226 postes d’enseignants spécialisés sont créés, on reste encore loin de pouvoir couvrir les besoins identifiés dans ces domaines.

Les questions qui fâchent

Outre ces chiffres, qui démontrent l’insuffisance des créations de postes, il y a aussi ce que la préparation de cette rentrée 2018 raconte. Affirmer donner la priorité au primaire ne peut pas être qu’un slogan. Cette priorité doit se traduire concrètement. La baisse démographique aurait pu permettre ici ou là des allègements d’effectifs, alors que plus de 100 000 classes dépassent 25 élèves, d’après les propres chiffres du ministère. Or, la taille des classes va encore augmenter en dehors des CP et CE1 en éducation prioritaire.
Comment dès lors parler de l’importance du langage en augmentant la taille des classes en maternelle ? Comment justifier que les effectifs allégés sont facteur de réussite sans que cela concerne tous les élèves ? Comment justifier l’attention aux conditions d’apprentissage, quand en milieu rural on trouvera à la rentrée des cours multiples à trois, voire quatre niveaux à plus de 20 élèves ?
Ce sont toutes ces interrogations qui prédominent. Car s’arc-bouter sur une bataille de chiffres ne doit pas cacher certaines réalités. Donner plus à ceux qui ont moins est juste à condition de ne pas dégrader la situation de tous les autres.

Des engagements nécessaires

Améliorer l’école a certes un coût économique, mais dépend également du projet que l’on porte pour elle. Pour le SNUipp-FSU, c’est bien d’une école qui s’attaque aux inégalités scolaires qu’il s’agit. Une école qui fasse sienne l’idée que tous les élèves sont capables de réussir et qui leur en donne les moyens.
Et pour ça, l’école primaire française, toujours largement sous-investie, doit faire l’objet d’un engagement financier massif pour une meilleure formation des enseignants, pour pouvoir abaisser les effectifs, pour disposer des enseignants spécialisés, des remplaçants en nombre suffisant. Mais aussi afin de disposer d’accompagnants pour l’inclusion de chaque élève en situation de handicap, pour déployer les dispositifs de scolarisation des moins de trois ans partout où c’est nécessaire, pour dynamiser le « Plus de maîtres » et pouvoir travailler différemment.

Mobilisation le 12 novembre

Cette question des moyens, si elle n’est pas la seule réponse, reste incontournable pour améliorer significativement la réussite de tous les élèves. Or, le projet de budget 2019 montre que le gouvernement, au-delà des discours convenus, n’a pas la volonté de déclencher le véritable saut qualitatif dont notre école a besoin.
Le SNUipp-FSU, aux côtés de l’ensemble des enseignants, continuera à exiger des moyens à hauteur des enjeux, avec en premier lieu le combat contre les inégalités scolaires. Revoir cette politique budgétaire et éducative sera au cœur de son engagement dans les mobilisations à venir et ce, dès le 12 novembre prochain.