La maternelle

Mis à jour le 03.03.17

Près de millions et demi d’enfants de 2 à 6 ans sont scolarisés dans cette « grande école pour les petits ». Spécificité française, l’école maternelle joue un rôle essentiel pour la réussite des élèves, notamment les plus fragiles. Elle constitue une étape cruciale dans le développement de l'enfant au moment où les apprentissages langagiers et sociaux, la structuration de l'espace et du temps, une motricité de plus en plus fine, et la découverte des autres et du monde se développent.

Présentation générale #

Cette « grande école pour les petits » est une spécificité française. Les enquêtes internationales, de PIRLS à PISA mettent en avant le rôle essentiel que joue la scolarisation à l’école maternelle pour la réussite des élèves. Elle constitue pour l'enfant et ses parents le lieu des premières représentations de l'école. Elle contribue au développement de l'enfant au moment où les apprentissages langagiers se construisent, simultanément aux apprentissages sociaux, à la structuration de l'espace et du temps, au développement d'une motricité de plus en plus fine, et à la découverte des autres et du monde.

Il y a 2 216 808 enfants scolarisés (rentrée 2016) dans l'enseignement pré-élémentaire

Ces écoles peuvent être de taille très variable : de 1 à plus de 12 classes. Certaines écoles, dites primaires, regroupent des classes maternelles et élémentaires. La majorité comprend de 2 à 5 classes.

Inscription et fréquentation #

Les enfants peuvent être accueillis à 3 ans. Ils peuvent également être admis dans la limite des places disponibles s'ils ont atteint l'âge de 2 ans au jour de la rentrée scolaire, à condition qu'ils soient physiquement et psychologiquement prêts à la fréquenter.
Ils y restent jusqu'à la rentrée scolaire de l'année civile au cours de laquelle ils atteignent l'âge de 6 ans (entrée au CP).

FRÉQUENTATION #

Si l'école maternelle n'est pas obligatoire, une fois que l’enfant est inscrit, une fréquentation régulière est exigée. A défaut de cette régularité, l'enfant peut être rayé de la liste des inscrits. Un enfant de 6 ans révolus, fréquentant l'école maternelle, est soumis à l'obligation scolaire.

Les classes #

La maternelle correspond au cycle 1 qui regroupe les classes suivantes:

Toute petite section (TPS) : élèves âgés de 2 à 3 ans
Petite section (PS) : élèves âgés de 3 à 4 ans
Moyenne section (MS) : élèves âgés de 4 à 5 ans
Grande section (GS) : élèves âgés de 5 à 6 ans.

L’organisation pédagogique, par choix ou en raison des effectifs, peut mener à des cours multiples.

CHANGEMENT DE NIVEAU (MAINTIEN, PASSAGE ANTICIPÉ) #

Au terme de chaque année scolaire, le conseil des maîtres se prononce sur les conditions dans lesquelles se poursuit la scolarité de chaque élève. Lorsqu’il s’avère nécessaire, un dispositif d’aide est proposé.

En maternelle les maintiens ne sont pas autorisés, sauf dans certains cas notamment pour des élèves en situation de handicap. Une demande de scolarisation au cours préparatoire peut être présentée pour des enfants de moins de 6 ans qui sont prêts à aborder les enseignements de l'école élémentaire.

Le nombre d’élèves  #

Il n’existe pas de limite du nombre d’élèves par classe sauf dans les écoles en REP : 25 par classe. Cependant, certains départements ont fixé des seuils qui servent de référence lors des mesures de carte scolaire d’ouverture et de fermeture de classes. La moyenne nationale est de 25.5 élèves par classe en maternelle.

Pour le SNUipp-FSU, des effectifs en maternelle ne dépassant pas 25 élèves par classe, 20 en éducation prioritaire, 15 en petite section et très petite section sont des conditions indispensables à la réussite des élèves.

L'équipe pédagogique #

L’équipe pédagogique est constituée d’enseignants, fonctionnaires recrutés sur concours et payés par l’État. Une directrice -ou un directeur-, enseignant des écoles inscrit sur une liste d'aptitude coordonne et pilote cette équipe. En fonction de la taille de l'école, il -ou elle- est aussi chargé d'enseignement. Cette équipe peut être complétée par des enseignants stagiaires.

Interviennent également des agents territoriaux spécialisés école maternelle (ATSEM), personnels municipaux. Le nombre d’ATSEM est déterminé en fonction des effectifs, de la configuration des locaux, de la nature des classes (temps supplémentaire pour les sections de petits). Elles ont en charge l’entretien des locaux, en dehors des heures de présence des élèves, et participent à l’encadrement des activités scolaires avec l’enseignant.
Le statut des ATSEM est défini par le décret du 28 août 1992.

Peuvent également intervenir :

Les programmes #

LES OBJECTIFS #

Organisée en un cycle unique, l'école maternelle est la première étape pour garantir la réussite de tous les élèves au sein d'une école juste pour tous et exigeante pour chacun. Elle s'adapte aux jeunes enfants en tenant compte de leur développement et construit des passerelles entre la famille et l'école. Elle organise des modalités spécifiques d'apprentissage en mettant en place des situations variées : résolution de problèmes, entraînements, mémorisation. Le jeu y tient une place particulière : il favorise la richesse des expériences vécues et alimente tous les domaines d'apprentissage. L'école maternelle permet aussi aux enfants d'apprendre ensemble et de vivre ensemble : elle assure une première acquisition des principes de la vie en société et permet à l'enfant de se construire comme personne singulière au sein d'un groupe.

LES TEXTES #

De nouveaux programmes sont entrés en vigueur depuis la rentrée 2015.

Trois spécificités, cinq domaines et 59 attendus de fin de cycle pour une école bienveillante

Les nouveaux programmes repositionnent donc la maternelle au sein d’un cycle unique des apprentissages premiers dont la forme pédagogique repose sur la progressivité des apprentissages et l’adaptation au développement du jeune enfant. La place du langage, le rôle du jeu ou encore l’importance des activités physiques et artistiques y sont réaffirmés. Une manière de prendre en compte les grandes spécificités (voir infographie ci-dessous) d’une école maternelle définie comme « bienveillante » et où:

 « les situations inscrites dans un vécu commun sont préférables aux exercices formels sous forme de fiches ».

Visuel des 3 spécificités

Ces spécificités sont ensuite déclinées en cinq grands domaines qui donnent une architecture aux objectifs à atteindre pour répondre aux attendus de fin de cycle. Au cours de ces trois à quatre années de scolarisation, les besoins des enfants évoluent : « les récréations, l’accompagnement des moments de repos, de sieste, d’hygiène sont des temps d’éducation à part entière » affirment les programmes qui invitent à « tenir compte des différences d’âge et de maturité au sein d’une même classe ». Enfin la question des transitions est abordée puisque l’école maternelle est définie comme un lieu qui « construit des passerelles au quotidien entre la famille et l’école » mais aussi en continuité avec l’élémentaire.

Visuel des 5 domaines

Ces programmes plus équilibrés, plus lisibles et plus opérationnels vont, pour le SNUipp-FSU, dans le bon sens. Ils dessinent les contours d’une école maternelle bienveillante et exigeante, soucieuse du développement langagier, sensoriel, culturel, corporel et social de tous les enfants. Il faudra néanmoins que leur mise en œuvre soit accompagnée dans la durée et que des questions de fond telles que les effectifs par classe et la nécessité d’une solide formation soient réglées. Le SNUipp-FSU a également interpelé plusieurs fois le ministère pour exiger un envoi des programmes et des documents d’accompagnement en format papier aux personnels concernés par leur mise en œuvre. 

LES DOCUMENTS D’ACCOMPAGNEMENT #

Afin d’aider les enseignants à s’approprier ces programmes, des documents d’accompagnement ont été mis en ligne sur Eduscol : exemples de séances, de progression.

Au programme :

Mobiliser le langage dans toutes ses dimensions
Graphisme et écriture
Agir, s'exprimer, comprendre à travers l'activité physique
Explorer le monde du vivant, des objets et de la matière 
Jouer et apprendre
La scolarisation des enfants de moins de 3 ans

L’EVALUATION #

Afin d’évaluer les acquis des jeunes élèves de nouvelles modalités d’évaluation sont entrées en vigueur en 2016.

Le carnet de suivi des apprentissages : #

Basé essentiellement sur l’observation des élèves, le carnet de suivi des apprentissages devra accompagner l’élève tout au long du cycle 1. Les textes publiés sur Eduscol expliquent comment passer d’une « observation instrumentée » à ce carnet de suivi : fini le livret de compétences et les tableaux d’items à cocher, on prône dorénavant « un carnet d’observation au long cours », « un carnet de traces et d’interprétation » et « un carnet de communication avec les parents ». Dans un livret de 50 pages, le ministère détaille des observables d’indicateurs de progrès permettant de suivre et mesurer les évolutions des élèves dans les différents domaines d’apprentissage.

Il est élaboré par les équipes enseignantes qui choisissent son format et la fréquence de présentation aux familles. Comme le SNUipp-FSU l’avait demandé, le texte rappelle que ces carnets « proposés dans les ressources visent à illustrer diverses approches possibles. Ils ne sauraient être considérés comme des modèles nationaux mais comme des aides à la réflexion des équipes. »

Voir, sur le site Eduscol, le carnet de suivi des apprentissages des élèves de maternelle

La synthèse des acquis des élèves en fin d'école maternelle #

Il s’agit là d’un document national, « pour faciliter la communication de ces éléments pédagogiques » dont la trame est fournie par le ministère.

Des documents d’accompagnement aident à la mise en œuvre de ces outils d’évaluation dont le caractère « positif et bienveillant » est réaffirmé.

Voir, sur le site Eduscol, la synthèse des acquis des élèves en fin d'école maternelle

Le SNUipp-FSU insiste sur le caractère positif de cette évaluation, basée sur des observations régulières des élèves et valorisant les progrès ; elle doit être compréhensible par les familles. Mais pour mettre en place ces outils de suivi, les faire évoluer, les enseignants ont besoin de temps. Il est donc nécessaire de revoir le temps de travail et notamment celui des APC comme le réclame le SNUipp-FSU.

La scolarisation des moins de 3 ans #

La scolarisation des enfants de moins de 3 ans est un levier pour la réussite scolaire, notamment pour les enfants de milieux défavorisés. Elle fait l'objet d'une circulaire ministérielle qui indique que ces moyens doivent être affectés « en priorité dans les écoles situées dans un environnement social défavorisé, que ce soit dans les zones urbaines, rurales et de montagne ainsi que dans les départements et régions d’outre-mer ». La loi d'orientation précise que dans les classes et les écoles concernées, les enfants de moins de trois ans sont comptabilisés dans les prévisions d'effectifs pour la rentrée.

MISE EN PLACE SUR LE TERRAIN #

Au niveau académique, les DASEN sont chargés d’engager des discussions avec « les collectivités territoriales pour s’assurer des conditions d’accueil à la mesure des besoins spécifiques des tout-petits » (ATSEM, locaux scolaires, liens école maternelle-structures d’accueil de la petite enfance). Le pilotage des projets est confié au niveau local aux IEN avec les directeurs des écoles concernées, recteurs et DASEN s’assurant de la mise à disposition des moyens. Enfin, le texte stipule un cahier des charges sous la forme de « dix principes de référence pour la mise en place du dispositif » touchant à l’âge des enfants, aux locaux, au projet pédagogique, à une formation adaptée pour les enseignants, à la place des parents, aux horaires ou encore à la prise en compte de ces élèves pour les prévisions de la carte scolaire.

DES RESSOURCES PÉDAGOGIQUES #

Le site Eduscol met à dispositions des équipes concernées des ressources développant, « à partir des principes de cadrage institutionnel, des données de la recherche et d'éléments concernant le développement de l'enfant, des propositions de pratiques sur le projet pédagogique et éducatif, la rentrée, l'aménagement de l'espace et la construction des compétences langagières. »

Voir les ressources Eduscol

Pour le SNUipp-FSU, cette scolarisation précoce ne peut être réussie que sous certaines conditions : effectifs à 15 élèves maximum, ATSEM affectée à plein temps, possibilité de rentrée échelonnée, projet pédagogique devant être à l’initiative des équipes enseignantes, formation spécifique…