Dossier "Devenir PE : qu’on leur donne l’envie"
Pourquoi, comment ? | Paroles de professeurs d’école stagiaires
16 septembre 2016

Malgré les freins, les obstacles, ils ont fait le choix d’un métier qui leur tient à cœur. Au delà des réalités statistiques, quelques portraits sensibles de nouveaux profs d’école.

Derrière le nombre de candidats aux concours et les résultats d’enquêtes, se cachent des destins, des parcours, des aspirations bien réelles. Un portait disparate, complexe mais toujours éclairant du jeune (le plus souvent de la jeune) professeur d’école en devenir.

Par exemple, celui de Maxime Zrouki, 23 ans seulement, attiré après son baccalauréat par la vie associative et les carrières sociales et qui a choisi les Sciences de l’éducation dès la L3. « Je trouve ce métier intellectuellement enrichissant parce qu’il demande de se renouveler en permanence. Il permet de lutter contre une vision pessimiste de la société en essayant de la changer de l’intérieur auprès de ceux qui feront le monde de demain. »

Pauline Maréchal, 22 ans, s’est en revanche un peu cherchée. Après un bac scientifique, une prépa littéraire et une fac d’anglais, elle a intégré un Master MEEF Pour ne pas se limiter à une seule discipline : « Ma mère, professeure, a essayé de me dissuader, mais sans succès. Je crois bien que j’avais cette vocation dans un coin de ma tête. On sait bien qu’on ne fait pas ça pour les salaires et les vacances mais plus par intérêt et défi face à un métier passionnant. »

Des arguments qu’on retrouve dans la bouche de Marianne Welsch qui, à 32 ans, a entamé une seconde vie professionnelle. « J’ai commencé par faire de l’histoire de l’art puis j’ai intégré un master de commerce et de marketing après lequel j’ai trouvé rapidement un job de commerciale assez lucratif. » Mais pour Marianne, « la carotte argent ne me suffisait pas, manquaient cruellement les dimensions intellectuelle et altruiste et j’ai tout plaqué pour passer le concours CRPE ».

Des outils pour faire la classe

Baptiste Labbé, 27 ans, sportif et rugbyman confirmé, avait lui intégré dans un premier temps la filière STAPS pour être professeur de sport. « Mon projet a évolué vers la fonction d’entraîneur de rugby, mais j’ai été rebuté par le manque de postes et le climat particulier du sport de compétition. En occupant un poste d’animateur pédagogique dans une école RAR, j’ai été conquis par le projet collectif défendu par une équipe soudée et enthousiaste. Ça m’a tellement motivé que j’ai passé trois fois le concours ! Je sais que les salaires sont modestes mais je préfère faire un métier moins bien payé dans lequel je m’éclate. »

Un métier pour lequel il faut se former. S’ils sont partagés sur la nécessité d’apports théoriques, les PES sont unanimes, ils attendent de la formation qu’elle les outille au plus vite pour faire face aux classes qu’ils commencent à prendre en charge. « L’observation montre vite ses limites, témoigne Baptiste, ce qui marche c’est d’être en situation et de pouvoir analyser sa pratique avec l’aide d’enseignants expérimentés. »


L’ensemble du dossier

- Présentation du dossier
- Enquête – Photo de groupe
- Recrutement – Pendant la réforme, la crise continue
- Pourquoi, comment ? – Paroles de professeurs d’école stagiaires
- Master 2 en Espé – La recherche, ils s’y retrouvent !
- « Valoriser le métier » - Entretien avec Éric Charbonnier, analyste auprès de la direction de l’éducation et des compétences de l’OCDE