Pratiques arbitraires
La chanson qui déplait aux élus de Cogolin
13 mai 2016
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Dans le Var, une municipalité frontiste menace de procéder à une réduction des crédits d’une des écoles de la ville car la thématique du spectacle ne leur convient pas. Le SNUipp-FSU dénonce ces procédés arbitraires et interpelle la ministre dès aujourd’hui.

A Cogolin, dans le Var, l’équipe pédagogique de l’école élémentaire Fontvieille propose cette année à ses élèves de présenter un spectacle de chants issus de différents pays bordant la Méditerranée : un voyage artistique leur permettant aussi de découvrir un territoire proche mais surtout des cultures différentes répondant ainsi aux exigences des programmes qui incitent au Vivre ensemble et à la connaissance de l’Autre.

La chanson de la discorde

C’est la chanson de Khaled « Aïcha » que les enfants doivent chanter qui a entraîné les foudres des élus municipaux appartenant au Front national. Ils menacent donc, si cette chanson et l’ensemble du projet pédagogique sont maintenus au programme, de réduire drastiquement les crédits de l’école.

Le SNUipp-FSU dénonce ces intrusions arbitraires et inappropriées. Sanctionner financièrement une école est une pratique scandaleuse et inacceptable qui, de plus, pénaliserait les élèves . Les élus d’une ville n’ont ni à donner leur avis sur les projets pédagogiques des écoles, ni à refaire les programmations des équipes enseignantes. Ceux-ci relèvent de l’Éducation nationale et de l’exercice de la liberté pédagogique des enseignants.

Le SNUipp-FSU vient d’interpeller le ministère pour qu’un rappel à l’ordre contre ces intrusions dans les programmes et les projets des écoles soit fait. D’une manière générale, il met en garde tous ceux qui cherchent à instrumentaliser l’école à des fins partisanes et politiciennes pour véhiculer des idées d’exclusion. Il apporte son soutien et sa solidarité aux enseignantes et enseignants de l’école, aux élèves et aux parents également.