ASH
CAPPEI : une formation spécialisée à minima ?
3 octobre 2016

Le Certificat d’aptitude pédagogique aux pratiques de l’éducation inclusive (CAPPEI) devrait dès la rentrée prochaine, remplacer le CAPA-SH et le 2CA-SH (2nd degré). Avec l’ambition de répondre aux objectifs d’une école inclusive le ministère a choisi de refondre dans une certification unique la formation professionnelle spécialisée des enseignants.

Un premier groupe de travail s’est tenu le 21 décembre dernier pour présenter aux organisations syndicales un projet de nouvelle organisation pour la formation des enseignants spécialisés. Une spécialisation qui ne se ferait plus par options mais par une double approche prenant en compte les troubles et les types de dispositifs et ce, annonce le ministère, pour prendre en compte « la réalité des besoins des élèves ».

Une nouvelle maquette de formation

La maquette de formation de 300 h + 100 h comprendrait quatre volets :

- un tronc commun de 144 h ;
- deux modules d’approfondissement de 52 h chacun ;
- un module d’adaptation à l’emploi de 52 h.

Viendraient ensuite 100 h de stages sur les modules de formation d’initiatives nationales qui se dérouleraient après l’examen et pour lesquels les « nouveaux certifiés » auraient « une priorité absolue ».
Pour le SNUipp, le transfert d’un quart de la formation sur ces modules nationaux n’apporte aucune garantie sur leur contenu ou leur effectivité.
Les personnels de l’enseignement adapté intervenant dans les structures de l’enseignement général et professionnel adapté (EGPA) ou les rééducateurs de RASED ont bien du mal à se reconnaitre dans ce qui est proposé. Ils aimeraient par exemple que le terme d’« adaptation » apparaisse dans l’intitulé de ce nouveau certificat. Une demande qui a été relayée par le SNUipp-FSU. Pour le ministère, conformément à la nomenclature internationale, le terme d’inclusion couvre l’ensemble des champs à la fois du handicap et de la grande difficulté scolaire.

Une nouvelle certification avec un examen remanié

L’examen de certification serait lui aussi modifié. Plus qu’une seule séance d’enseignement de 55 min, suivie d’un entretien avec le jury de 45 min ainsi que de la présentation d’un écrit professionnel d’une durée de 30 minutes. Enfin, grande nouveauté, « une séquence de 45 minutes portant sur le rôle et la mission du candidat en tant qu’acteur de l’école inclusive ». Cette certification se ferait au bout des 300 h de formation et l’épreuve aurait une durée maximale de 3 h. Ce serait donc la fin du mémoire professionnel, remplacé par un « écrit professionnel », alors même que nombre d’acteurs de l’enseignement spécialisé réclamaient son maintien en rappelant l’intérêt d’un tel écrit réflexif de type universitaire.

Nouvelle réunion le 5 octobre prochain.

Pour le syndicat, l’enjeu de la formation des enseignants spécialisés demande une autre ambition. Ce projet n’est pas à la hauteur des exigences professionnelles de l’enseignement adapté et spécialisé, ne serait-ce que par son volume horaire : 750 h sur deux années ne seraient pas de trop ! Enfin pour le SNUipp, il est nécessaire de revoir l’équilibre entre tronc commun et modules de spécialisation afin de mieux prendre en compte la spécificité des gestes professionnels de chaque enseignant spécialisé. Une culture professionnelle qui trouve aussi sa substance dans la rédaction d’un véritable mémoire professionnel.
Il le redira à l’occasion de la prochaine réunion de travail le 4 octobre.