Education à l’égalité remise en cause
Brochures « Vigi-gender » : comment répondre ?
3 octobre 2016

Depuis la rentrée, des écoles reçoivent une brochure des « vigi-gender », visible en ligne, intitulée « Le genre en images ». Dans une cinquantaine de pages, elle présente de nouveau leurs arguments mensongers relatifs à une prétendue « théorie du genre » enseignée à l’école. L’éducation à l’égalité et la lutte contre les discriminations sont de nouveau discréditées. Voici quelques éléments de réflexion mais aussi de réponses à des parents qui pourraient s’interroger.

Une « théorie du genre ? »

C’est simple… cette théorie n’existe pas. Il existe des recherches sur le genre, qui est alors parfois défini comme un outil d’analyse, parfois comme un système de hiérarchisation entre les sexes (les deux définitions ne s’excluant pas forcément). Ceux qui s’élèvent contre le « genre » sont ceux qui en réalité sont les gardiens du temple de ce système.

Quelques réponses pour les parents

Si l’école travaille sur les stéréotypes filles-garçons, c’est pour qu’ils ne soient pas un carcan pour les enfants et qu’ils ne limitent pas leur épanouissement personnel de filles ou de garçons. Les enseignants ne mettent pas « dans la tête des enfants qu’ils pourraient choisir leur sexe ». Leur identité ne sera pas brouillée, ils pourront au contraire mieux s’affirmer individuellement. On leur montre qu’être fille ou garçon ne doit pas forcément conditionner leurs choix de loisirs, de lectures, de sports, de métiers...

La « complémentarité des sexes » est un mythe : chaque fille, chaque garçon est un être unique et il n’existe pas de particularités de goût, de caractère ou d’aptitude qui seraient partagées par toutes les filles ou par tous les garçons.

L’éducation à l’égalité et l’éducation à la sexualité existent depuis longtemps à l’école, il n’y a rien de nouveau. Il ne s’agit pas de parler de pratiques sexuelles, encore moins de faire des démonstrations ! C’est une éducation au respect entre les sexes, afin de prévenir et d’empêcher les violences sexistes et/ou homophobes et les abus sexuels, doublés de quelques notions de science sur la reproduction animale et humaine.

Quant à faire la promotion de l’homosexualité, cela ne tient pas. On ne choisit pas d’être homosexuel, ni hétérosexuel d’ailleurs. Donc parler de couples homosexuels, c’est parler d’amour, d’affection (et non de pratiques, là encore), et cela n’aura pas de conséquences sur l’orientation sexuelle des enfants. En revanche, cela peut participer à éviter le mal-être, qui peut aller jusqu’au suicide, pour celles et ceux qui se découvriront homosexuels à l’adolescence.

Qui se cache derrière les vigi-gender ?

Ces collectifs de parents auto-proclamés sont des émanations de La Manif pour tous, certains ayant aussi des liens avec l’Association des Familles Catholiques. Faute d’avoir pu empêcher l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, ils s’en sont pris à l’école publique, dès septembre 2013. A l’époque, leur cible était les ABCD de l’égalité. Il s’agit donc clairement d’une offensive de l’extrême droite et de milieux traditionalistes des différentes religions, visant à l’ingérence des familles par rapport aux contenus d’enseignement, jetant la suspicion sur toutes les activités d’éducation contre les discriminations.

Concrètement que faire ?

La première chose à faire est de signaler l’arrivée de ces brochures à l’IEN. Vous pouvez également prévenir la section départementale du SNUipp-FSU qui interviendra de son côté auprès de la DASEN.

Il ne faut ensuite pas hésiter à discuter avec des parents qui peuvent s’inquiéter face à des propos mensongers. Le dialogue est bien souvent le meilleur moyen de désamorcer les inquiétudes.

Une adresse à la ministre

Le SNUipp-FSU a écrit dès vendredi 30 septembre à la ministre pour l’alerter sur ces envois et lui demander de s’adresser aux équipes enseignantes afin de les conforter dans leur action au quotidien concernant l’égalité filles/garçons et la lutte contre toutes les discriminations.

Lire :
- le courrier à la ministre.