Le 5 décembre, les retraités aussi dans la rue !

Mis à jour le 28.11.19

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Le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) commandé par le gouvernement pour justifier sa réforme dessine toutes les raisons d’une mobilisation des personnes retraitées aux côtés des actifs. Le SNUipp, avec la FSU et le groupe des 9 les appelle à participer massivement aux manifestations du 5 décembre.

En vue de promouvoir l’idée d’un déficit en 2025, et donc de justifier des mesures immédiates pour réduite le niveau des pensions, le gouvernement avait commandé un nouveau rapport au Conseil d’orientation des retraites (COR), lequel s’est exécuté mais atteste cependant que ce prétendu déficit est construit de toutes pièces.
De fait, nullement dû à la progression des dépenses de retraites, il relève essentiellement de la baisse de la contribution de l’État à l’équilibre des régimes de retraites de la fonction publique et des régimes spéciaux. Et que pour revenir à l’équilibre, les personnes aujourd’hui à la retraite seraient sévèrement frappées par la sous-indexation des pensions appliquée avant 2025.
A ce prix, les dépenses de retraites (en part de PIB) resteraient stables d’ici 2025 et même pratiquement jusqu’en 2030 au prix d’une baisse du taux de remplacement moyen que le COR évalue à 3,1 % jusqu’en 2025, et à 6,6 % jusqu’en 2030. Pourtant, d’autres options sont possibles.

Un décryptage du Réseau retraites

Rassemblant plusieurs organisations syndicales, dont la CGT, la FSU et Solidaires, ainsi qu’associatives dont ATTAC, Les économistes atterrés et Copernic, le Réseau retraites a produit un décryptage de ce rapport.

Extraits

Le COR lui-même souligne que « le solde financier du système de retraite […] dépend de manière cruciale de la convention [comptable] retenue ». Il acte ainsi que « la part des ressources consacrées au système de retraite dans le PIB diminue sur la période de projection ».

Alors que le gouvernement prétendait épargner les générations antérieures à 1963, il apparaît désormais qu’elles seront touchées, au même titre que les autres, par des baisses du niveau des pensions présentées... Quel que soit notre régime ou notre âge, nous serons bien toutes et tous concernés par cette réforme des retraites.

La baisse généralisée du niveau des pensions qui s’annonce est la conséquence logique du choix du gouvernement, fondamental mais jamais discuté, de plafonner les dépenses de retraites, au maximum, à leur niveau actuel (13,8 % du PIB). La proportion de retraités dans la population augmentant, c’est leur appauvrissement qui est ainsi programmé. La capitalisation deviendrait ainsi dans cette logique un complément indispensable pour les générations les plus jeunes… pour celles et ceux qui en auraient les moyens. Cette baisse du niveau des pensions, déjà programmée par les « réformes » passées, serait encore aggravée si le projet de système par points était mis en œuvre. Il diminuerait en effet automatiquement le taux de remplacement (pension/salaire) pour toute augmentation de l’espérance de vie.

Le COR note que les réserves du système de retraite sont évaluées à 5,6 % PIB, largement suffisantes donc pour passer le cap de 2025. De plus, le COR est bien obligé de reconnaître que l’équilibre financier pourrait facilement être atteint par une hausse modeste des cotisations. À moyen terme, les projections du COR sont claires : une augmentation modérée des cotisations sociales (de l’ordre de 0,2 point par an) permettrait d’enrayer la baisse des pensions tout en maintenant la progression des salaires nets. Au-delà, il serait possible d’élargir l’assiette des cotisations sociales aux revenus financiers en soumettant à cotisation tous les revenus distribués. Rappelons que la France est championne d’Europe quant aux dividendes versés aux actionnaires.

Autant de bonnes raisons donc, pour toutes et tous les retraités de prendre toute leur place dans la journée du 5 décembre et ses suites. Pour défendre et améliorer le système actuel fondé sur la solidarité et que soit garantie une retraite digne à chacune et à chacun d’entre nous.