Un livre mémoire pour les parents et grands-parents ou les hôtes de la maison de retraite.
5 décembre 2008

Un livre mémoire pour les parents et grands-parents ou les hôtes de la maison de retraite. On peut utiliser un mode de classement alphabétique à partir de mots clés comme École, Jeux, Chansons … Partant d’interviews, de documents, de photos datant de la jeunesse des anciens et de l’époque actuelle, on peut concevoir un documentaire qui tisse passé et présent sous forme d’album, ou de DVD intégrant de la musique.

DIS ? C’ÉTAIT COMMENT AVANT ? (D) Sandrine Couprie-Verspieren , ill. Emmanuel Polanco - De La Martinière(14,90€)

Voici la famille de Vladimir et Alice, 12 ans. Il y a aussi Maman née en 1966, Papa qui a vu le jour en 1964, et puis grand-mère, 64 ans et grand-père 69 ans... Tout ce petit monde a vécu en ville. Ce soir, la famille contemple les téléphones mobiles INDISPENSABLES que viennent de recevoir les jumeaux. Comment diable pouvait-on vivre il y a 50 ans ou 30 ans quand on n’en avait pas ? Et les adultes de raconter comment c’était AVANT. Cela donne un joli livre en 7 chapitres qui abordent la nourriture (Ah ! le bon lait cru, la cervelle qui rend intelligent, le café en grain, le sirop d’orgeat, l’épicerie où l’on trouve absolument tout !) , l’école ( bons points et tableau d’honneur, les quilles à la vanille, les gars au chocolat ! Et les gaulois qui s’affirmaient comme les ancêtres universels !), la toilette sans salle de bain, les jeux, la mode, les vacances, les loisirs... Le charme de l’album tient à son texte alerte, sur fond de papier millimétré, aux petits dessins cocasses et surtout aux grandes illustrations pleine page qui s’inspirent des affiches de pub des années 60.

L’ALBUM DE MON GRAND-PÈRE, Diana Barbara & Dominique Beccaria - De La Martinière (14€)

Une manière sympa d’entrer en relation avec les grand-parents à partir d’un arbre généalogique. Ce grand album aux couleurs d’été suggère divers thèmes d’échange, sous forme de correspondance, de questionnaires, de jeux, de portraits... De quoi tout savoir sur la petite enfance du Papy, son parcours d’écolier, ses goûts, son mariage ; Papy et ses petits enfants, Papy dans l’histoire...et même ses idées politiques.

- Les années 45/60

JE ME SOUVIENS, Georges Pérec, Yvan Pommaux - Sorbier (10,95€

Voici comment Pérec présente cet exercice de mémoire que sont les "je me souviens" :

« des petits morceaux de quotidien, des choses que, telle ou telle année, tous les gens d’un même âge ont vues, ont vécues, ont partagées, et qui ensuite ont disparu, ont été oubliées ; elles ne valaient pas la peine de faire partie de l’Histoire, ni de figurer dans les Mémoires des hommes d’État, des alpinistes et des monstres sacrés. Il arrive cependant qu’elles reviennent, quelques années plus tard, intactes et minuscules, par hasard ou parce qu’on les a cherchées, un soir, entre amis ; c’était une chose qu’on avait apprise à l’école, un champion, un chanteur ou une starlette qui perçait, un air qui était sur toutes les lèvres, un hold-up ou une catastrophe qui faisait la une des quotidiens, un best-seller, un scandale, un slogan, une habitude, une expression, un vêtement ou une manière de la porter, un geste, ou quelque chose d’encore plus mince, d’inessentiel, de tout à fait banal, miraculeusement arraché à son insignifiance, retrouvé pour un instant, suscitant pendant quelques secondes une impalpable petite nostalgie. »

Yvan Pommaux met merveilleusement en scène , ces souvenirs minuscules et ordinaires "arrachés à l’insignifiance" instants, bribes et lambeaux d’une réalité dont Perec fut le témoin entre entre 1946 et 1961, de ses dix ans à ses vingt-cinq ans.

Dans l’album de Pommaux, un grand-père évoque sa jeunesse pour deux enfants de notre temps. Et voilà que revivent Bobet à Bombard, le théâtre Bobino, Rintintin et Zappy Max, les tubes "Gaston, y’a l’téléfon / qui son", les "p’tits trous" des tickets de métro, les débuts de Johnny, les pubs Email Diamant et "Ploum Ploum Tra la la…", le latin de César et les billes de la récré...

- Les années 50/60

AVANT LA TÉLÉ, Yvan Pommaux - Ecole des Loisirs (21,50€/8€)

L’enfance en 1953 d’Alain Morel , le clone de Pommaux à 8 ans, à l’époque de l’Après guerre : les culottes courtes, les gilets tricotés mains… Pas de télé, ni de frigo, ni de portable, mais les castagnes et les bêtises avec les copains, les punitions à coups de martinet, les pupitres cache trésor, les plumes sergent-major, l’encre violette et ses superbes taches, les osselets, les boîtes de coco, les caramels à un franc…

QUAND MAMIE AVAIT MON AGE , G. Bonotaux, H. Lasserre – Autrement (13,95€)

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Difficile pour les enfants d’aujourd’hui d’imaginer l’enfance de leurs parents, encore moins de leurs grands-parents ! Contempler les rares photos de famille qui subsistent de cette époque là, les plongent dans l’étonnement. Dans cette série, mi fiction, mi documentaire, les auteurs jouent avec une pointe d’humour, sur le décalage entre le monde de l’enfance dans les années 50 et le monde actuel. L’image qui a volontairement un petit air rétro, a souvent recours à la bande dessinée. L’album aborde de nombreux thèmes : la maison, la nourriture, l’habillement, l’école ou encore la santé. La vie évoquée est plutôt urbaine.

Voir aussi, « Quand Papy…, Maman…, Papa…avait mon âge".

- Les années 65/70

VERO EN MAI (A) Yvan Pommaux & Pascale Bouchié – Ecole des Loisirs (21,50€, 8€) Dès 8 ans

Mai 68 vu par Véronique, 9 ans.

La petite Véro est à craquer avec sa jupe plissée à bretelles, son pull fait main, ses chemisiers à col rond et ses petites lunettes. Le milieu social est celui des classes moyennes : maman institutrice, papa météorologiste, un grand frère Vincent et la petite sœur de18 mois. La famille a quitté le Tchad devenu indépendant en 1959 et vit dans un appartement de la banlieue parisienne. Ils possèdent machine à laver, télé et 404 Peugeot, biens de consommation encore rares à l’époque.

L’album commence par un flash back sur la France de l’Après Guerre : la figure du Général de Gaulle "le libérateur", le droit de vote des femmes, la "Nouvelle vague" au cinéma, mais aussi les émigrés d’Espagne, du Portugal, du Maghreb, de Turquie… appelés en renfort pour "reconstruire la France" et qui essaient de survivre dans " des baraques sans eau ni chauffage" : les bidonvilles. Il est question aussi de nos colonies et des nouvelles guerres qui se profilent…

Puis, les vastes doubles pages avec leurs dessins à la ligne claire, leurs vignettes et leurs bulles, regorgent de détails sur le mode de vie, la culture, les valeurs de 1968... Suite : Voir la rubrique MAI 68 sur le site du SNUIPP

MES ANNEES 70 (A) Claudine Desmarteau, Panama (21,50€)

Claudine Desmarteau n’est pas une adepte du politiquement correct ,sans odeur ni saveur. Alors ses souvenirs, comme ses dessins sont effrontés et jubilatoires. C’est une petite fille des années 70 dans une famille un peu bobo, dans une ville comme les autres. C’est le règne du tout synthétique (sous pull et anorak), des cagoules qui grattent et des bottes à poils . Les garçons eux ont de longues tignasses : « à part Georges Pompidou, tous les garçons avaient les cheveux longs » ; La mode est au papier peint orange psychédélique sur les murs et au plafond. La télé est en noir et blanc. On chante « C’est une maison bleu-eu-e" (« il y avait des babas mais pas de bobos, des hippies mais pas de yuppies »).

Et le jour où la maîtresse furieuse brandit un dessin de bonhomme qui « fai l’école buisoniaire », et clame « Desmarteau, c’est quoi ce torchon ? », la petite Claudine Desmarteau s’en fiche car : « Quand je serai grande, on me paiera pour faire des dessins. »…