Portrait
Thierry Pajot, enseignant en classe unique
5 décembre 2011

Thierry Pajot, 47 ans, enseigne en classe unique à La Faurie, ZEP des Hautes-Alpes. Un choix délibéré avec 17 élèves du CP au CM2.

Après trois premières années en classe unique, Thierry Pajot est parti un long temps à l’étranger comme directeur dans une grosse école primaire. Depuis deux ans, il exerce à nouveau en classe unique. « C’est dans mes gènes ! J’aime ce genre de travail de contact, de liberté pédagogique, de convivialité avec mes 13 familles ».

A La Faurie, tout le monde est heureux : les élèves qui, du CP au CM2, pratiquent tutorat et parrainage, sans conflit ; les parents, car « le maître veut rester jusqu’à la fin de sa carrière » et qui, tous, scolarisent leurs enfants au village ; la municipalité qui garde sa classe « en y mettant le paquet » : vidéopro, ordinateurs, bibliothèque intercommunale dans l’école, convention avec le restaurant du village qui fait « cantine » pour les élèves encadrés par une employée communale, classe transplantée une semaine à Paris et... 200 euros par élève pour les fournitures scolaires ! Thierry goûte chaque jour « un plaisir que j’avais perdu à l’étranger où la pression sur les résultats est trop importante avec des parents qui paient très cher la scolarisation de leur progéniture ! ». Même s’il reconnaît « des temps de préparation très longs », il est dans son école dès 7h45 pour l’accompagnement personnalisé et pour aider des parents qui vont travailler à 8h et il fait l’accompagnement éducatif de 16h30 à 17h30 tous les jours, avec l’aide d’un animateur de RRS. « J’ai aussi un collègue EMALA pour monter des projets liés à mon éloignement géographique en zone de montagne. On n’est pas seul, en montagne ! » Et il conclut, serein : « J’adore mon métier ! »