TROIS SARDINES SUR UN BANC Michaël Escoffier, ill. Kris Di Giacomo - Atelier du Poisson soluble 2008
17 décembre 2008

TROIS SARDINES SUR UN BANC
Michaël Escoffier, ill. Kris Di Giacomo - Atelier du Poisson soluble 2008 (8€) Dès 7 ans & pour tous

Voici un petit objet précieux, un petit livre gris bleu, relié, de 10cm sur 12cm dans son étui cartonné. Pour cette histoire de sardines un rien délirante, langue et illustrations se savourent comme un mets délicat .

"TROIS SARDINES SUR UN BANC
S’ENNUYAIENT AU SOLEIL".

Raides, sanglées dans leur uniforme à brandebourgs, elles rêvent le monde.

"Si j’avais le temps,
DISAIT LA PREMIERE,
Je voyagerais
jusqu’au bout
du monde.

(...) Il paraît ... qu’au Pôle Nord Il fait tellement froid
que les ours mangent
des esquimaux."

Il est vrai qu’ourses et oursonnes, suçant leur glace, en redingote et crinoline ont fière allure !

_ "(...) Il paraît que les jours de grand vent
On peut croiser des cerfs volant
Il parait même qu’on envoie
des chiens dans l’espace
pour retrouver les cerfs égarés."

On comprend mieux pourquoi le livre est dédié à "Laïka, envoyée dans l’espace le 3-11-1957..." à la poursuite de ces beaux cerfs aux ailes de flamant rose ou de papillon...

Il paraît que rien n’est plus beau qu’un champ de baleines au soleil couchant. Aussi nul ne s’étonnera de voir l’été "des rats de marée" venir assister au spectacle !

Elles rêvent le monde nos sardines. L’une part l’affronter. La seconde change de banc et de point de vue, sans effet notoire... Mais elles se retrouvent toutes les trois serrées dans la boîte à sardine, à la merci... d’une fourchette volante. Triste fin pour des aventurières en boîte !

Dans ce petit livre de la taille de cette boîte de sardine, les variations oniriques sont mises en scène grâce à des collages surréalistes de gravures anciennes, inspirées du monde de Jules Verne, grand voyageur de l’imaginaire ! Et les tons surannés de gris bleuté, de rouge éteint et de sépia servent au mieux cette impression de rêveuse dérive.