Redoublement
Sorties sans qualification et redoublement
6 décembre 2011

Une étude de l’INSEE analyse précisément les parcours scolaires des jeunes sortis du système scolaire sans diplôme. On y retrouve l’influence déterminante des redoublements précoces.

Dans un premier temps les auteurs de l’étude ont défini 7 trajectoires d’individus sans diplôme :

  • Les trajectoires classiques regroupent 10% des personnes. Elles ont poursuivi leurs études en général jusqu’au lycée avec au plus un redoublement, en général au collège et au lycée. Les personnes de ce groupe se trouvent dans les situations sociodémographiques les plus favorables et les filles y sont plus représentées que dans les autres groupes.
  • Une entrée difficile au lycée comprend 21% des personnes qui ont eu une scolarité au collège difficile avec des redoublements et une durée de fréquentation au lycée faible. Le profil sociodémographique est assez semblable à celui du groupe précédent, légèrement moins favorisé.
  • Des fins d’étude rapides après le collège constituent un groupe important (25%) avec une durée de scolarité beaucoup plus courte que les deux groupes précédents (11 ans contre 13 et 14), très peu de scolarisation en lycée et des redoublements plus nombreux en primaire.Ce groupe se distingue du point de vue sociodémographique par une surreprésentation des pères ouvriers, artisans ou commerçants, de plus grandes fratries, un investissement scolaire des familles peu important.
  • Une inscription rapide en filière professionnelle regroupe 10% des individus qui ont une scolarité encore plus courte (10 ans) avec des redoublements en primaire très nombreux et une fréquentation des classes de 4ème et 3ème presque absente, donc des sorties vers l’apprentissage. Les difficultés rencontrées en primaire se sont accentuées au collège. Père ouvrier, mère sans diplôme, fratries nombreuses, familles monoparentales ou recomposées, parent étranger constituent les spécificités de ce groupe.
  • Des trajectoires longues en voie professionnelle constituent un groupe important (20%) composé pour une grande partie de garçons avec une scolarité plus longue, en CAP, avec des redoublements nombreux en primaire et au collège, dans des milieux familiaux comparables à ceux du groupe précédent.
  • Des scolarisations atypiques courtesregroupe environ 5% des individus ayant été scolarisés dans des structures spécifiques avec une sortie du système précoce, alors que le groupe Des scolarisations atypiques longues (5% également) a poursuivi sa scolarité le plus souvent en CAP

Le redoublement

Le redoublement est étudié comme signe des difficultés scolaires des élèves, à la fois en observant le taux de redoublement et le moment où il intervient. Près d’un élève sur quatre a redoublé le CP dans les 4 derniers groupes. Les méthodes statistiques permettent de montrer que la précocité des redoublements est un facteur discriminant dans la spécificité de la population des non diplômés par rapport aux diplômés.

L’insertion professionnelle

Elle est très hétérogène et au bout de 3 ans de « vie active » l’écart de taux de chômage est de 26 points entre les diplômés de 3ème cycle et les non diplômés. Ce sont dans les groupes 1 (parcours classiques) et 3 ( année en CP) que les taux de chômage sont les plus faibles.


Etre sans diplôme aujourd’hui en France : quelles caractéristiques, quel parcours et quel destin ? In Economie et statistique n°443, 2011