Primaire
Sarkozy : gel des fermetures de classes et fonte du nombre de postes
22 juin 2011

En claironnant hier mardi 21 juin en Lozère que les fermetures de classes seront gelées en 2012, le chef de l’Etat prépare une nouvelle fonte des effectifs enseignants. Ce sont près de 8 000 postes supplémentaires qui devraient être supprimés à la rentrée 2012 dans le primaire. Pour l’ensemble du ministère, Bercy annonce 14 000 suppressions.

"Nous ne procéderons, hors démographie, à aucune fermeture de classe dans le primaire " en 2012 a indiqué hier mardi 21 juin le chef de l’Etat. Nicolas Sarkozy a fait cette annonce lors d’un déplacement à La Canourgue en Lozère où il a visité une école élémentaire. Il a précisé « que le nombre de fermetures de classes n’excèdera pas le nombre d’ouvertures liées aux évolutions démographiques », c’est-à-dire qu’il y aura bien des fermetures dans les communes et quartiers où la population diminue, mais qu’elles seront compensées par des ouvertures ailleurs. Il a également affirmé qu’il voulait "ouvrir le débat sur les rythmes scolaires", notamment sur la longueur de la journée ou le nombre de jours de classe dans l’année, sujet qui rappelons-le fait l’objet d’un débat national et pour lequel un comité de pilotage a été créé en juin 2010 !

Rien de neuf dans les annonces

Face à la protestation des enseignants, des parents et des élus locaux mobilisés contre les suppressions de postes et les fermetures de classes dans l’éducation nationale , le président de la République avait promis des annonces en faveur du primaire avant la fin du mois de juin. Les voilà faites et le moins que l’on puisse dire est qu’elles n’ont surpris personne. Il n’a fait que reprendre des propos du ministre de l’Education nationale tenus il y a quelques jours devant les députés de l’UMP et confirmés lors de déclarations à la presse.

8 000 postes en moins dans le primaire en 2012, 14 000 au ministère

Nicolas Sarkozy s’est aussi montré inflexible quant à la politique de l’emploi public menée par son gouvernement. Il est hors de question pour lui de revenir sur le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Hier, Bercy a indiqué que cela se traduirait par 14 000 postes en moins en 2012, au lieu des 16 000 espérés par le gouvernement, du fait de la diminution du nombre de candidats au départ à la retraite. Toutefois, le SNUipp s’interroge sur la manière dont le gouvernement pourrait tenir ses engagements sur le gel des fermetures de classes. En effet, on estime à près de 11 000 le nombre d’enseignants qui partiraient à la retraite en 2012 dans le primaire, le nombre de postes de PE ouverts au concours l’année prochaine étant, lui, fixé à 3 000. « Ce sont 8 000 postes d’enseignants du primaire qui seront encore supprimés l’année prochaine » souligne le SNUipp dans un communiqué mis en ligne hier après-midi.

Pour un plus grand nombre de places au concours

Pour le syndicat, si « l’annonce présidentielle du gel des fermetures de classes en 2012 montre que le chef de l’Etat a été contraint de tenir compte des mobilisations des enseignants, élus et parents », la poursuite de sa logique budgétaire conduit l’école dans le mur. « Les postes en Rased, la scolarisation des moins de 3 ans, les postes de soutien aux élèves en éducation prioritaire, de formateurs, de remplaçants vont servir de cibles aux suppressions de postes : ce seront donc les élèves les plus fragiles qui paieront la facture. Le fonctionnement de l’école va se dégrader ». Pour le SNUipp ces annonces « doivent être accompagnées d’une mesure concrète » : « une hausse immédiate et significative du nombre de places au concours de recrutement des enseignants ». Et c’est justement « une des exigences qui sera portée lors de la grève unitaire du 27 septembre ».

Lire :
- le communiqué du SNUipp