Littérature jeunesse
Rencontre avec Mario Ramos
20 mai 2011

Lundi 16 mai, l’Ecole des loisirs avait organisé une rencontre avec Mario Ramos, l’auteur de C’est moi le plus fort, Roméo et Juliette ou le monde à l’envers entre autres. La matinée était animée par Joëlle Turin, chercheure spécialiste de littérature jeunesse.

A partir de pages que Joëlle Turin avait choisies dans les albums de Mario, ce dernier a explicité ses démarches et ses intentions, ses références et ses clins d’oeil, ses techniques aussi. « Humaniste progressiste, ouvreur de portes, éveilleur de consciences avec humour », c’est sans nul doute ce qu’a retenu l’assistance.

Ouvrir des portes

Influencé par Hergé et Charlie Chaplin, Tomi Ungerer et Saul Steinberg, Mario Ramos trouve son inspiration dans la vie courante, en « attrapant des idées qui sont là tout autour » et essaie de les rendre visibles. Mario Ramos a le souci constant de développer l’esprit critique des lecteurs et aborde régulièrement les thèmes du pouvoir et de la différence.

Comme le dit Joëlle Turin, Mario essaie de réveiller les esprits, faire réfléchir sur le monde, lancer des passerelles et donner à chacun les moyens de s’en fabriquer, émouvoir. « Quelque chose passe de lui à nous de très profond » et d’optimiste car si les loups courent dans les bois, les chaperons ne s’en laissent plus conter. Car pour Mario, « être dans ce monde merveilleux les yeux ouverts en étant vigilant » suppose d’être capable de décoder images et informations et de se fabriquer ses propres réponses.

Pour Mario Ramos, le Petit chaperon rouge est LE conte, un des rares qui se termine très mal. Tous les enfants comprennent qu’il est symbolique, car aucun n’est menacé véritablement par un loup. « Des livres m’ont aidé dans la vie et je connais l’importance des contes et des livres dans la vie des enfants. »

Mario décrit sa méthode de travail pour « donner envie de tourner la page », la cohésion entre l’histoire, le dessin et la présentation de la page : « Il ne faut pas trop dire pour que le dessin serve de support au tremplin de l’imaginaire... et il ne faut pas tout montrer ! » Le pouvoir des enfants c’est l’imagination et l’école en tire peu parti (en dehors même du fait qu’il n’y ait pas assez de dessin à l’école).


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- Sur le site officiel de Mario Ramos, ne pas manquer pour chaque ouvrage « les petits secrets » et les croquis.

- Sur le site de l’Ecole des loisirs on trouvera des dossiers pédagogiques à télécharger : Nuno, le petit roi ; Un monde de cochons ; Tout en haut ; C’est moi le plus beau.

- Joëlle Turin : Ces livres qui font grandir les enfants, Didier Jeunesse, 2008, Coll. Passeurs d’histoires