ROMANCIERS, POETES ET ARTISTES HAÏTIENS
21 janvier 2010

ROMANCIERS, POETES ET ARTISTES HAÏTIENS

GOUVERNEURS DE LA ROSEE ( R)
Jacques ROUMAIN - Le temps des cerises (fonds EFR) 1944/2000 (15 €) Adultes

Ce roman, publié en 1944, est l’un des livres fondateurs de la littérature haïtienne. Jacques Roumain, né à Port-au-Prince, poète, romancier, ethnologue, diplomate et homme politique, chante avec lyrisme et poésie sa foi en l’homme pour fédérer toutes les énergies et bâtir une communauté solidaire et digne. « Son ouvrage est un " hymne à l’amour ", celui de sa terre natale, celui de son peuple ».

Un vieux couple de Haïtiens, Bien-Aimé et Délira, attend depuis 15 ans son fils Manuel parti chercher du travail à Cuba. A son retour, celui-ci découvre un village pauvre, en proie à la sécheresse, une terre devenue aride et désolée et la population divisée par d’anciennes querelles. De plus, l’amour réciproque qu’il porte à la belle Annaïse suscite des jalousies. Avec courage et obstination, Manuel part à la recherche d’une source ; il finit par trouver l’eau et tente alors de réconcilier les deux clans rivaux ; au moment d’y parvenir survient un drame terrible…

ROMANCIERS ET POETES CONTEMPORAINS

Ils sont nombreux les écrivains et les poètes haïtiens et souvent très proches de leurs racines, mais bien peu connus en France. Citons entre autres :

NOUVELLES D’HAÏTI (N) Kettly Mars , Jean-Claude Fignolé , Lyonel Trouillot , Faubert Bolivar , Gary Victor - Ed. Magellan & Courrier international 2003 (12€) Adultes

Les cinq nouvelles réunies offrent un choix cohérent et représentatif de l’écriture contemporaine en Haïti.

-  Kettly Mars, "Lobo"
« À la croisée des Quatre-Chemins, la voiture dut ralentir. À cette bretelle située quelques kilomètres avant Les Cayes, toutes les bandes de raras s’arrêtaient pour saluer Legba, le Maître des Carrefours. Un rassemblement bruyant et coloré où dominait le rouge. » — p. 20

- Jean-Claude Fignolé, "Le voleur de vent"
« Pourquoi persistait-il à accepter le pari d’un vieillissement précoce comme le prix de sa fidélité aux joies de l’enfance ? Le village, autrefois une féerie, avait changé de dimensions, ramené à ce carrefour où tout semblait aboutir mais d’où rien ne partait. Chaque matin, debout dans la pâle luminosité du jour naissant, il venait revisiter ses souvenirs. » — p. 41

- Lyonel Trouillot, "Yanvalou"
« La ville où je suis né donnait face à la mer. Aucune route ne la traversait. La plus proche passait dans son dos. Seuls les jeunes la prenaient, en général pour ne plus revenir, après avoir longuement médité sur la plage en dessinant sur le sable des rues larges et des carrousels. » — p. 59

- Faubert Bolivar, "La rumeur a fait le tour du monde"
« Je déambule dans la rue comme un bandit sans armes à la recherche de la cache de ma Fifi. Je rase les murs de la route de Delmas comme un zombie expédié pour sa seule Fifi au monde. Ma tiédeur cadavérique de revenant fait fuir les passants de Montparnasse aux bruits de mes sandales. Je longe la ruelle Nazon dans ses corridors de misère. J’affronte les chimères de cité Cadet, mobilisé par le seul souvenir de Fifi qui m’appelle à l’amour. » — pp. 83-84

- Gary Victor, "Le programmeur"
« J’aurais voulu crier ma victoire à la face du monde … " Prenez en main votre destinée. Trouvez les Programmeurs et massacrez-les. Vous ne pouvez pas les laisser disposer impunément de vos vies. " Je me suis arrêté à un carrefour, faisant de grand signes des mains, dans l’espoir d’attirer l’attention des automobilistes. Je voulais leur révéler la vérité, leur montrer le chemin à suivre pour se libérer de leurs chaînes. Personne n’a remarqué mes gestes. » p. 116

L’ENIGME DU RETOUR ( R)
Dany Laferrière - Grasset, Prix Médicis 2009

A la suite de la mort de son père, l’auteur revient chez lui, en Haïti C’est un retour d’exil, avec la souffrance de l’exilé qui transparait, mais aussi l’étrangeté de la redécouverte, de la réappropriation de ses racines. Un voyage intérieur mêlent passé et présent : la misère, la faim, la violence mais aussi les artistes, les jeunes filles, l’espoir, peut-être… Le texte se présente comme un poème, avec un tissage de récits, prose, flashs, bribes, kaléïdoscope de sensations…

ROSALIE L’INFAME ( R)
Evelyne Trouillot - DAPPER 2005 (13€) Adultes

« J’ai rêvé qu’un jour, les enfants de tes enfants chevaucheront les barracons pour voler dans le ciel et écrire leur nom sur les plus hautes étoiles. » (E. Trouillot, Rosalie l’infâme

Dans une langue riche mêlant violence et pudeur, l’auteure donne vie à Lilotte son héroïne.
Saint-Domingue, 1750 : de nombreux cas d’empoisonnement déclenchent la terreur parmi les propriétaires de plantations. La menace vient surtout de Makandal, le meneur des " marrons ", ces esclaves en fuite pour qui le rêve de liberté est plus fort que tout. Lisette, née en esclavage, découvre à travers les récits de sa grand-mère Charlotte et de sa marraine, Man Augustine, la douleur de la liberté perdue, la mémoire de la traversée à bord du négrier Rosalie. À son enfant qui va naître, Lisette décide d’offrir espoir et avenir, en dépit des souffrances à venir...

FIGURES D’HAÏTI : 35 poètes pour notre temps (P) _ Jacques Rancourt - Le temps des cerises (16 €) Pour tous

Passionnante anthologie chronologique de la poésie moderne haïtienne, en 3 parties :
- le courant de « la révélation de l’identité » autour de Jacques Roumain et Emile Roumer, qui revendique une identité noire,
- « le lyrisme personnel » des poètes des années 60, dont la plupart ont dû prendre ensuite le chemin de l’exil sous le règne des Duvalier .
- Enfin « le libre parcours » de la jeune génération (où l’on trouve 2 femmes, poétesses et romancières : Evelyne Trouillot, et Kettly Mars), génération plus tournée vers l’intime, le quotidien et le créole.

DES PEINTRES

TITOUAN EN HAÏTI (A)
Titouan Lamazou, Gallimard 2004 (27€) Pour tous

Titouan Lamazou n’est pas haïtien. Globe-trotter, prince de la voile ((vainqueur du premier Vendée Globe), photographe et peintre, il parcourt la Terre, observe et croque le quotidien des gens, en particulier de beaux portraits de femmes qu’il dessine et photographie.

Avec Haïti, Titouan dit avoir a trouvé "l’île de ses rêves, une île peuplée de marins et d’artistes". En 2004, à l’occasion du bicentenaire d’Haïti, il rapporte de cette île un carnet de voyage : des portraits hauts en couleurs, de ses habitants, de ses peintres et de quelques-unes de leurs œuvres, ainsi que des esquisses et photos des maisons, des scènes de rues, de leur étonnants bateaux aux voiles colorées, de leurs « tap-tap », leurs taxis collectifs entièrement recouverts de fresques multicolores, très représentatif de lart dit "naïs et populaire" de Haïti.

ARTISTES HAÏTIENS (A)
Gérald Alexis - Cercle d’Art 2007(16€) Pour tous

Quatre-vingt-dix chefs-d’œuvre reproduits en grand format et en couleurs invitent à un parcours passionnant dans l’univers des artistes haïtiens. Un texte de l’auteur présente l’évolution de leurs créations picturales et plastiques depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours et insiste sur l’Art naïf d’Haïti, très répandu et particulier.