Grève le 10 février
RASED : la stratégie du grignotage
27 janvier 2011
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Lorsqu’en 2008 le gouvernement avait décidé de supprimer progressivement les RASED, les mobilisations de la communauté éducative avaient obligé le ministère à convertir 3000 suppressions de postes des RASED en 1500 suppressions sèches et 1500 postes réaffectés, soit en “surnombre/surnuméraire” dans une école, soit en “sédentarisation” sur un poste classe “fléché RASED”.

Depuis c’est une manœuvre bien plus insidieuse : en l’absence de départs en formation spécialisée, une quantité croissante de postes vacants peut se retrouver fermés discrètement par les IA. Un flou bien cultivé si l’on en croit cette analyse du rectorat d’Aix-Marseille dans un document préparatoire à la carte scolaire : “la légère baisse du taux d’encadrement global enregistrée depuis 2008, liée à la restructuration des RASED, n’a que très peu affecté l’enseignement devant élèves”...

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ÉVOLUTION DES EMPLOIS SPÉCIFIQUES DES RASED

Les choix de la carte scolaire 2011 sont porteurs de nouvelles menaces. Les postes vacants ou occupés à titre provisoire – par des enseignants non spécialisés ou même spécialisés - sont nombreux et font l’objet des premières annonces de suppressions : dans l’Yonne, on en compte 20, dans l’Orne 9, en Seine-Saint-Denis 40, en Seine et Marne une quarantaine également, en Indre et Loir 14…

La tentation est grande pour les IA d’autant que les postes RASED sont un des “leviers d’efficience” proposés par le ministère. Mais certaines fermetures sèches seront aussi programmées : pour l’heure, seuls les enseignants spécialisés qui ont été personnellement invités à muter par leurs inspecteurs peuvent en témoigner. Des actions sont en cours avec le collectif qui rassemble organisations syndicales, associations professionnelles, parents d’élèves et mouvements pédagogiques. Un appel national pour la défense des RASED et de ses missions de service public a été lancé dans le cadre des actions contre ce budget désastreux pour l’éducation.