JT de France2
Privatiser les lycées français à l’étranger ?
25 mai 2018

Le reportage de France2 confirme les inquiétudes du Snuipp-FSU Hors de France sur la volonté de l’État français qui souhaiterait ainsi se désengager comme dans l’exemple donné. Cela aura de fortes incidences sur le fonctionnement, les personnels, le coût mais aussi sur le rayonnement de la France à l’étranger. Aussi le SNUipp-FSU HDF a dès aujourd’hui contacté le ministère pour demander des éclaircissements et il se met en lien avec l’AEFE.

La privatisation les lycées français en marche ?

Le journal de France 2 diffuse une information qui confirme les inquiétudes du SNUipp Hors de France concernant l’avenir des établissements à l’étranger.

À voir (ou lire ci-dessous) ici : extrait du JT de France 2 du 24 mai 2018 JT de France2 du 24/05

Il s’avère toutefois imprécis : sur les 227 établissements mentionnés par le journaliste, seuls 74 établissements sont en gestion directe, les 153 autres sont subventionnés par l’AEFE et gérés par des associations ou des fondations.

Il existe également 265 établissements "partenaires" à gestion totalement privée comme le lycée Winston Churchill de Londres cité dans le reportage (avec une vidéo quasi promotionnelle).
Les établissements partenaires à gestion "totalement" privée bénéficient :
- du réseau AEFE (notamment formation et accompagnement pédagogique dans le cadre de l’homologation)
- et de l’État (enseignants titulaires détachés , prise en charge à 100% de la part employeur de leurs pensions civiles).

L’avenir de l’école de St-Pétersbourg est effectivement en discussion, mais pas celui du Lycée de Moscou. Le SNUipp-Hors de France a immédiatement demandé des éclaircissements à l’AEFE sur la situation de ses établissements en Russie. L’agence répond que le reportage est assez partiel : un processus de privatisation pour l’école de Saint Petersbourg est effectivement en cours (mais rien n’est encore absolument certain), le lycée Alexandre Dumas de Moscou n’est en rien touché (ce dernier est et reste un établissement en gestion directe de l’AEFE).

Rappels : Au Sénégal, E. Macron avait annoncé vouloir "développer les établissements partenaires avec l’objectif de doubler le nombre d’élèves accueillis au sein du réseau scolaire français d’ici à 2025".
Conformément aux autres projets (notamment pour la Fonction publique), c’est la privatisation que privilégie le président (avec un objectif époustouflant sorti de son chapeau) et qu’annonce ce reportage.

Baisse prévue de 10% des effectifs des fonctionnaires à l’étranger

Le même jour, on apprenait la baisse de 10% des effectifs des fonctionnaires à l’étranger qui toutefois ne concernait « pas les personnels éducatifs de l’AEFE » : normal, avec 512 postes supprimés sur 3 ans, c’est déjà fait ! Et de plus, les autres personnels seraient donc concernés...
À lire ici sur Libération


Reportage du Journal télévisé de France 2 du jeudi 24 mai 2018.

Éducation : privatiser les lycées français à l’étranger ?

Le gouvernement souhaite privatiser de nombreux établissements scolaires français à l’étranger pour réduire ses frais. Mais les parents d’élèves craignent des conséquences lourdes.

Le drapeau russe flotte au-dessus du palais de l’Ermitage. Pourtant, dans ce quartier de Saint-Pétersbourg (Russie), un drapeau français s’affiche. L’école André Malereaux dépend du lycée Alexandre Dumlas de Moscou. Ces deux établissements, homologués par l’Éducation nationale, prennent en charge les petits Français expatriés et des locaux attirés par la bonne réputation. Ici, les parents déboursent près de 5 000 € de frais de scolarité chaque année. Répartis dans 137 pays, il existe au total 492 établissements français qui accueillent 350 000 élèves. Parmi eux, 227 sont en gestion directe, subventionnés, avec des professeurs affectés par l’Éducation nationale et un budget de 355 millions d’euros.

Privatiser davantage les lycées français à l’étranger L’État français souhaiterait désormais se désengager en partie et privatiser plus d’établissements, notamment ceux de Russie. À Saint-Pétersbourg, les parents d’élèves craignent une baisse de niveau ou une hausse des frais de scolarité. Le modèle souhaité par l’État est celui du lycée Churchill de Londres, au Royaume-Uni. L’établissement suit les programmes français, mais est géré comme une entreprise. Chaque année, les parents dépensent 12 000 € par an, ce qui est en dessous de la moyenne des écoles privées britanniques. Ici, les enseignants n’ont pas besoin d’avoir le CAPES et peuvent venir du monde entier, être recrutés ou licenciés directement par le lycée.