Budget
Postes : cent fois sur le métier...
17 juillet 2011

Rarement, l’école primaire aura autant tenu le devant de la scène que durant toute cette année scolaire, rythmée par les mobilisations autour des suppressions de postes et de la carte scolaire. Une protestation qui se poursuivra en septembre. Rétrospective...

Les mobilisations contre les suppressions de postes et les effets de la carte scolaire ont jalonné cette année partout en France. En cause, une politique budgétaire qui ne permet pas à l’École de faire réussir tous les élèves. Un mouvement de protestation très large qui a fini par faire “bouger les lignes”. Fin août, à l’occasion de la conférence de presse de rentrée du SNUipp-FSU, son Secrétaire Général avait averti : « le problème du système éducatif français, c’est le sous investissement dont est victime l’École primaire, un investissement de 15% inférieur à la moyenne des autres pays de l’OCDE. La politique du non remplacement d’un enseignant sur deux partant à la retraite va devenir insupportable pour les écoles. » Et le jour de la rentrée, les enseignants des écoles distribuaient une lettre ouverte à tous les parents d’élèves pour les alerter sur les difficultés de l’École et la nécessité de donner une réelle priorité à l’Éducation.

9000 suppressions de postes au programme

Au cœur du problème, les suppressions massives de postes d’enseignants qui depuis trois ans mettent à mal l’École primaire. Avec 9000 nouvelles suppressions de postes, c’est cette fois une baisse du nombre d’enseignants devant les élèves qui est programmée et les recteurs sont invités par le ministre à débusquer les “gisements d’efficience”. La mobilisation est donc à l’ordre du jour et le collectif « Un pays, une école, notre avenir », dont le SNUipp est membre, en appelle aux députés à l’occasion du débat budgétaire. Il prépare dans le même temps une journée d’action dans tout le pays pour le 22 janvier.

Carte scolaire remises aux calendes

Un 22 janvier qui s’est déroulé sur fond de publication des dotations académiques, et de report des opérations de carte scolaire pour cause d’élections cantonales. De fait, les élus locaux commencent à entrevoir les conséquences très concrètes des suppressions de postes et le mécontentement gagne du terrain. En tout état de cause, Pour le SNUipp, il y a urgence à mettre en avant l’ambition d’une école de la réussite pour tous. Il annonce donc une grève pour le 10 février et participe à l’organisation d’une nouvelle journée d’action, le 19 mars, à l’appel du collectif «  l’éducation notre avenir  ».

La levée de boucliers

Les élections cantonales à peine terminées, les Inspecteurs d’académie sortent la règle à calcul et s’attaquent à la carte scolaire. Dans tous les départements commence la litanie des suppressions de postes, qui cette fois ne pourront pas passer inaperçues même au plus myope des observateurs. l’École est sous tension et les mobilisations locales prennent de l’ampleur sous le regard attentif des médias. Luc Chatel lui-même, est contraint d’admettre que ce sont bien 1500 classes qui fermeront à la rentrée prochaine et le mauvais procès instruit par Georges Tron, son homologue de la Fonction publique, à l’égard des “enseignants fantômes” sonne comme une inutile provocation. C’est dans ce contexte de multiplication des protestations locales contre les effets de la carte scolaire, que le SNUipp décide d’un rassemblement sous les fenêtres du ministre le 18 mai. Des délégations d’enseignants des écoles, de parents d’élèves, mais aussi d’élus viennent de toute la France affirmer que « l’École au régime sec, ça suffit ! ».

Les lignes bougent enfin

Face à une mobilisation qui ne faiblit pas, relayée par les puissantes associations d’élus locaux, le ministre de l’Éducation nationale cherche à rassurer. Il promet de « veiller à fermer le moins de classes possible » en 2012. Nicolas Sarkozy prend le relais, et annonce un moratoire sur les fermetures de classes pour cette même rentrée 2012. Non dénuée d’arrières-pensées électoralistes, la déclaration signe la prise en compte d’un mouvement d’opinion qui se renforce. L’Éducation ne peut définitivement pas se résoudre à une équation budgétaire et il y a urgence à réinvestir dans l’École. Les syndicats enseignants ne disent pas autre chose et dès la mi-juin décident d’appeler ensemble à une journée de grève le 27 septembre. Le SNUipp ne peut que se satisfaire de cet appel, lui qui avait dès le 18 mai appelé une telle initiative de ses vœux. Enfin, l’annonce à la fin du mois de juin par Luc Chatel, de 2000 places supplémentaires mises au concours de recrutement 2012 sonne comme un nouveau bougé. C’est bien sous la contrainte des mobilisations que cette mesure a été prise.

Le SNUipp qui avait lancé le mot d’ordre "On ne se laisse pas faire" va continuer de s’engager pour une action syndicale déterminée et rassembleuse au service de l’École et de ses personnels.