Pluriprofessionnel : Agir en réseau
3 octobre 2011

La loi donne des repères sur la scolarisation idéale des enfants handicapés. Cela ne reflète pas la réalité du terrain.

La loi du 1er février 2005 donne le cadre institutionnel pour favoriser l’inclusion en milieu ordinaire. Un cadre débordé par de fortes disparités territoriales, des différences de besoins en fonction de la nature du handicap, un manque de formation et de moyens humains. Même si la scolarisation d’un enfant en situation de handicap demande un fort investissement de l’enseignant de la classe, ce dernier devrait disposer, pour faciliter la cohérence du travail d’inclusion, de professionnels-ressources, internes et externes à l’école : équipe de l’école, enseignant référent, personnels de santé scolaire, membres du RASED, équipe de circonscription et parfois enseignants spécialisés itinérants. Un AVS-i peut être recruté pour aider à réaliser des gestes de la vie quotidienne, donner des soins, favoriser la communication ou gérer des comportements... C’est dans le cadre du projet personnalisé de scolarisation (PPS) que sont décidées les aides (éducatives, rééducatives, thérapeutiques, pédagogiques avec les maîtres spécialisés...) apportées par les établissements et services médico-sociaux.

PPS

Bien que les délais de mise en oeuvre d’une aide soient souvent très longs, la présence de professionnels d’autres secteurs permet un travail pluri-professionnel souvent mal connu... Si les parents n’ont pas formulé de demande auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), les enseignants, réunis en équipe éducative, peuvent leur proposer de mettre en place un projet personnalisé de scolarisation (PPS). L’enseignant référent pourra aider les parents dans leurs démarches. Il se charge ensuite de réunir l’équipe de suivi de la scolarisation (ESS), comprenant nécessairement les parents, l’enseignant de la classe et tous les professionnels des services médico-sociaux. L’ESS évalue les compétences et les besoins de l’élève en milieu scolaire et élabore le PPS qui sera ensuite soumis à la famille. Enfin, la commission des droits et de l’autonomie se prononce sur les accompagnements nécessaires mais aussi sur le temps de scolarisation (temps plein ou temps partiel) et une éventuelle aide individualisée. L’enseignant référent est un maillon essentiel puisqu’il met en relation les différents professionnels lors des réunions d’harmonisation. Cependant, et bien que globalement favorables à l’inclusion, les enseignants perçoivent bien la difficulté à mener à bien ce travail : à titre d’exemple, un enseignant référent traite en moyenne 127 dossiers d’élèves par an et 61% des élèves n’ont pas d’AVS... La loi donne des repères sur la scolarisation idéale des enfants handicapés. Cela ne reflète pas la réalité du terrain.

L’ensemble du dossier :

- Handicap : ça roule pas tout seul
- L’école maternelle : diagnostic et pédagogie

- Frédéric Grimaud :« Les prescriptions sont floues »

- YONNE : Une scolarisation ordinaire
- Des brèves et des infos
- Christine Berzin : S’appuyer sur les compétences des élèves