Papa, maman, maîtresse et moi
14 septembre 2006

Dans la classe de petite section de l’école Aristide Briand de Sens (Yonne), la rentrée scolaire se fait en compagnie des parents partenaires privilégiés d’une scolarisation réussie.

Lundi 4 septembre. Pour les 24 élèves de Sylvie Sautereau c’est le tout premier jour de rentrée, la première scolarisation. Mélissa, Enzo, Ayvoree et les autres ont trois ans et ce matin ils se pressent dans la classe accompagnés de leur papa, de leur maman et même pour certains de leur mamie. Au milieu des jeux, puzzles, pâtes à modeler, chevalets de peintre les enfants circulent plutôt sereins. Il faut dire que tous connaissent déjà les lieux. En juin, l’accueil du matin leur a été ouvert à eux et leurs parents autant de fois qu’ils le souhaitaient et chacun est venu selon ses envies, ses possibilités. Alors lorsque les parents quittent la classe les larmes sont rares et se tarissent vite. Cette année, Sylvie n’a pas inscrit d’enfants de deux ans. « Il ya trois ans nous les inscrivions encore, mais suite à une fermeture de classe, nous n’avons plus les conditions adaptées pour les accueillir ». Quand elle l’a fait, elle n’avait pas plus de quinze enfants pour deux adultes.

Pour que les enfants « vivent au mieux leur première expérience scolaire », les enseignantes de l’école Aristide Briand de Sens dans l’Yonne misent sur la relation avec les parents. Sylvie les a tous rencontrés individuellement au mois de juin. A l’occasion de l’inscription des enfants, rendez-vous a été pris pour une discussion autour d’un questionnaire que Sylvie prépare elle-même : « C’est un outil pour engager le dialogue sur des choses aussi concrètes que la cantine mais aussi sur les attentes des parents envers l’école. ». L’enseignante de petite section est convaincue que si les parents sont rassurés, sécurisés le problème de la séparation se règle d’autant mieux. Les expériences des parents comme des enfants sont diverses. Certains ont fréquenté la halte garderie d’autres n’ont jamais quitté leurs parents. Alors les deux premières semaines, elle ouvre les portes de l’école 30 minutes avant la sortie du midi pour de nouveau les accueillir, discuter avec eux, répondre à leurs interrogations.

Les parents de Chimène accompagnent cette année leur troisième fille et apprécient d’être entendus : « Ici on se sent accueillis et de fait on est en confiance », expliquent-ils. Ce matin encore, ils restent dans la classe jusqu’à 9h15. La maman de Léa est, elle, un peu déconcertée par l’aisance avec laquelle sa fille évolue dans la classe : « C’est pour moi que c’est dur ! » commente-t-elle.

Ce travail auprès des parents se poursuivra tout au long de l’année. Quinze jours après la rentrée, Sylvie les réunit tous pour faire le point avec eux. Ils savent aussi grâce à une plaquette de rentrée que fin janvier une rencontre individuelle aura lieu afin de faire le point en ce qui concerne les apprentissages des enfants.

Ce matin, une fois les parents partis, Sylvie ne se retrouve pas seule. En plus de Corinne Parent, l’ATSEM de la classe et de Béatrice, l’EVS chargée de la salle de motricité, l’équipe du réseau de secteur est venue prêter main forte. Philippe Gautreau, psychomotricien et Anne-Claude Soulier-Dugenié, la psychologue scolaire, sont là pour faciliter le premier contact. Ils animent un atelier de motricité, aident à explorer un coin jeu...« Le temps que les interventions du réseau se mettent en place, je passe une partie de la matinée dans la classe. Je fais en fonction des demandes de Sylvie. Il faut que dans la tête des enfants elle reste la référente. » explique Philippe.

A voir la façon dont Mattéo la suit et s’adresse à elle dès ce premier jour d’école : « Regarde maîtresse ! », le doute n’est pas permis. Et à l’heure du regroupement, quand Sylvie présente la souris verte et ses autres marionnettes, c’est à elle que tous les regards sont accrochés.

La rentrée s’est donc faite en douceur pour les « petite section » d’Aristide Briand. Elle est tout de même restée douloureuse pour Stanislas qui connaît pourtant bien l’école pour être venu chercher frère et soeur dans les classes les années précédentes ! Et oui, quoi qu’on fasse, la rupture n’est pas facile et Sylvie s’autoriserait à appeler ses parents s’il restait inconsolable. C’est un des contrats passés auprès d’eux pour les rassurer en dernière mesure. Elle dispose déjà de tous les numéros de téléphone. Mais en ce premier jour, Stanislas reste là et depuis les bras de Corinne, il observe ses camarades applaudir leur maîtresse spontanément à la fin d’une chanson. Un jour de rentrée c’est un peu jour de fête !