PISA focus 1
PISA : Evaluations et environnement socio-économique
13 décembre 2010

L’enquête PISA détaille en 5 volumes les résultats des élèves de 15 ans en lecture, mathématiques et sciences. Le volume 2 établit des corrélations par pays entre l’environnement socio-économique des jeunes et leurs performances scolaires.

Les résultats

- Moyenne de l’OCDE en lecture : 493
- Moyenne de la France : 496
- OCDE : Corée (539), Finlande (536), Canada (524)
- Pays partenaires : Shanghai (556), Hong-Kong ( 533), Singapour (526)

Les élèves du Canada, de la Finlande, du Japon, de la Corée et des partenaires économiques comme Hong-Kong et Shanghaï ont des performances supérieures à celles des autres élèves, même s’ils sont de milieu défavorisé ou s’ils fréquentent une école défavorisée. Dans la plupart des pays il y a une forte corrélation entre le contexte socio-économique dans lequel vivent les élèves et leur réussite. Mais l’écart entre les performances des plus favorisés et des moins favorisés est variable et dans certains pays le handicap socio-culturel a beaucoup moins de conséquences sur la réussite scolaire. A la 64ème place sur 65, la France est particulièrement mal placée sur ce plan.

En France et en Nouvelle-Zélande, un élève issu de milieu favorisé a 50 points de plus que la moyenne alors que cet écart n’est que de 38 points dans les pays de l’OCDE. La France est le seul pays de l’OCDE à ne pas fournir de résultats par établissement, variable qui pourtant a des effets importants. L’enquête PISA indique aussi que les résultats des élèves sont meilleurs en milieu urbain et si leur famille n’est pas monoparentale, et que partout les enfants immigrés de première génération (qui sont nés en dehors du pays comme leurs parents) ont des résultats très inférieurs.

L’enquête indique que concernant les élèves en difficulté l’effort peut être porté sur les établissements ou sur l’élève. Certains pays ciblent des politiques particulières avec des ressources éducatives supplémentaires, le fait de tenir compte des performances pour adapter les cursus, des programmes de prévention et de remédiation. L’enquête rejette le redoublement en affirmant que le but des politiques mises en œuvre est justement d’« amener les élèves en difficulté au même niveau que leurs pairs », en ne les scolarisant pas à part. Certains pays proposent une aide économique aux familles les plus défavorisées. Les réformes éducatives les plus courantes tendent à créer des standards d’apprentissage et à les évaluer, à impulser des changements dans les pratiques enseignantes, à impliquer les parents dans la vie des établissements.

Où sont les élèves de 15 ans ?

En France, ils sont à 56,6% en 2nde – la 10ème année - et à 34,4% en 3ème – la 9ème année-. Or des disparités très importantes se jouent à ce niveau. Si au Japon, ils sont 100% à être en 10ème année, 99% en Norvège, 95% en Corée, 98% en Islande, 84% au Canada, de nombreux pays débutent l’école primaire à 7 ans et les élèves de 15 ans se retrouvent en 9ème année : en Suède (95%), en Pologne ( 93%), en Finlande (87%), au Danemark (83%). Quelques autres pays voient leur classe d’âge partagée comme le Luxembourg, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Slovaquie.

Élèves d’origine étrangère

Leurs performances des élèves de 1ère génération varient en fonction de leur âge d’arrivée dans le pays. L’écart de performance est faible s’ils sont arrivés avant l’âge de 5ans : - 8 points moyenne OCDE, -9 points pour la France. Il est par contre beaucoup plus important s’ils sont arrivés entre 5 et 12 ans : - 37 points en moyenne pour l’OCDE, - 80 points pour la France. Les performances sont plus faibles si les jeunes sont arrivés après l’âge de 12 ans : - 62 points pour l’OCDE, non renseigné pour la France.

Ces tendances se retrouvent aussi si l’on examine la langue parlée à la maison. Pour les jeunes de 2nde génération parlant une autre langue à la maison, les performances sont inférieures de 31 points pour la moyenne de l’OCDE alors qu’elles sont inférieures de 66 points pour la France. Pour les jeunes de première génération parlant la langue du pays à la maison, l’écart est de 19 points pour la moyenne de l’OCDE et de 45 points pour la France. Enfin pour les jeunes de 1ère génération parlant une autre langue à la maison, l’écart est de 54 points pour la moyenne de l’OCDE et de 65 points pour la France.

Parents

Sur quelques pays, mais pas la France, l’enquête PISA a vérifié l’efficacité – et l’impact sur les performances - de certaines pratiques parentales : lire des livres, raconter des histoires, chanter des chansons, jouer avec des jeux alphabétiques, parler de ce que font et ont fait les parents ; mais aussi discuter de sujets politiques et sociaux, de livres, de films et de programmes télé, du travail à l’école ; et encore prendre ses repas ensemble, passer du temps à bavarder, aller à la librairie ou la bibliothèque, parler des lectures du jeune, l’aider à faire ses devoirs.

La maternelle

Les chiffres montrent sans aucune ambiguïté que la préscolarisation est efficace et améliore les résultats, même en France ! En moyenne sur l’OCDE, un élève ayant été scolarisé plus d’un an en pré-primaire gagne 10 points de moyenne (7 en France). Il en perd 14 s’il n’a été scolarisé qu’une année (50 en France). Enfin s’il n’est jamais allé à la « maternelle », il perd 44 points en moyenne dans les pays de l’OCDE et 101 en France !

PISA 2009, volume 2