« Ne pas démobiliser les équipes »
17 janvier 2013

3 questions à Marc Douaire, président de l’Observatoire des zones prioritaires (www.ozp.fr )

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- Quel regard portez-vous sur la loi d’orientation ?

  • Il y avait une nécessité à refonder compte tenu des performances scolaires du système français qui contribue à creuser les inégalités, des besoins en formation des enseignants... pour tendre à une égalité des droits à l’éducation et à la formation des élèves. L’élaboration d’une loi doit inévitablement reposer sur la concertation mais aussi sur l’inventaire de ce qui existe. Or, il me semble qu’en ce qui concerne l’éducation prioritaire cela n’a pas été mené à son terme.

- Comment expliquez-vous l’absence de l’éducation prioritaire dans la loi d’orientation ?

  • Dans le cadre de la concertation, les débats ont souligné l’importance du label et la nécessité de travailler sur les territoires. Nous avons été choqués par la conclusion de Nathalie Mons qui a tourné le dos au travail de la commission et a prôné la fin de la labellisation, idée reprise par François Hollande. Il est paradoxal de refonder l’école en faisant l’économie d’une analyse fine de ce qui a fonctionné ou pas. Mettre fin à la labelisation sans mener ce bilan critique peut être dévastateur en terme de politique publique. On ne peut pas se contenter de zapper un dispositif par un autre. On a d’abord eu les ZEP, puis les RAR, puis les ECLAIR. Une politique doit être claire pour être légitime du point de vue des usagers et des éducateurs sinon il y a risque de démobiliser les équipes.

- Aucune réforme n’interviendra à la rentrée...

  • Oui, la réforme est repoussée à 2014 dans le cadre d’une réflexion avec la politique de la ville. Nous avons rencontré avant les vacances les cabinets des deux ministères. Il semblerait qu’il existe un travail commun entre eux et c’est une bonne nouvelle. Il est nécessaire que sur les questions de géographie, les politiques publiques s’opèrent en convergence. Sur le terrain, ces partenaires travaillent ensemble pour le bien des jeunes et des adolescents. Pour nous, il reste nécessaire de travailler sur les territoires les plus en difficultés et non sur les établissements. Dans le sens commun, l’établissement c’est le collège or c’est l’ensemble des établissements primaire et secondaire qui doivent être concernés. Il faut sortir du statu quo en revoyant le pilotage, l’articulation avec la politique de la ville et les pratiques. Le 6 février nous organisons une rencontre avec les principaux syndicats enseignants du premier degré pour réfléchir à la centration pédagogique des maîtres supplémentaires. Nous sommes favorables à ce qu’un cahier des charges soit établi préalablement à l’attribution de moyens afin d’objectiver les missions des personnels et de les faire reconnaître par l’administration.

L’ensemble du dossier :

- Présentation du dossier "Loi d’Orientation : le projet décrypté"
- Programmation des moyens : au nom de la loi
- Les objectifs de l’éducation
- Socle commun
- L’ambition du numérique
- La Maternelle
- Les relations école-collège
- Priorité au primaire
- Le contenu des enseignements scolaires
- Formation
- L’éducation artistique et culturelle
- Évaluations
- Handicap
- « Ne pas démobiliser les équipes »
- Enseignants | L’effectivité de la loi
- Les partenaires de l’école
- « Les lois n’ont pas un pouvoir magique »