Dossier : "Primaire : Inventaire avant travaux"
Maternelle : une école à la peine
27 août 2012

La maternelle connait une période de fragilisation due au manque d’investissement : effectifs élevés et manque de formation.

Un rapport de l’OCDE paru en février rappelait que l’investissement dès l’école maternelle pour les enfants issus de milieux défavorisés constituait une mesure équitable et en même temps économiquement rentable. La France est restée bien sourde à cette préconisation. Suite aux restrictions budgétaires, la maternelle française a connu une période de fragilisation. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 55 % des classes préélémentaires ont plus de 25 élèves par classe et la courbe de la scolarisation des 2 ans est en chute libre.

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Source : DGESCO
Remarque : le nombre d’élèves de 2 ans scolarisés a diminué de 147 677 entre 2000 et 2011. Retrouver le taux de scolarisation de 2000 nécessiterait l’ouverture de 5 900 classes (sur la base de 25 élèves par classe).

Pourtant, toutes les études convergent sur l’importance de prévenir les difficultés scolaires dès la maternelle. Ainsi, en 1997, la DEPP avait suivi un panel d’élèves de l’entrée au CP jusqu’à l’entrée en sixième. Cette évaluation révélait que les élèves en difficulté dès leur entrée au CP l’étaient toujours, dans leur quasi-totalité, par la suite… Mais quels contenus, quelles pratiques dans la classe pour que la maternelle joue son rôle de réduction des effets des inégalités sociales ?

Investir et former

La question des pratiques pédagogiques marque aussi l’abandon d’une école qui a pourtant montré son savoir faire. En effet, un rapport des inspecteurs généraux (IG) dévoilé en juin a mis en lumière les dérives à éviter. Il rappelle les enjeux de cette école pour amener les enfants à observer, imiter, répéter, jouer, chercher des solutions pour résoudre des problèmes et mettre des mots sur les activités. Le texte alerte sur la place grandissante de l’écrit, l’essor du travail sur fiches ou la multiplication des travaux très formels au détriment des jeux et manipulations à même d’ancrer les apprentissages. Un constat qui amène à penser qu’il faut lever l’ambiguïté sur la place de la GS qui doit rester à part entière dans l’école maternelle. Le glissement des méthodes peut s’expliquer par la difficulté à mettre en œuvre certains types de pratiques quand les effectifs frôlent les 30 élèves. Les IG proposent d’équiper les classes pour investir des activités riches et d’adapter les rythmes en les faisant évoluer des tout-petits aux grands. Le rapport suggère aussi de développer la formation initiale et continue.

L’ensemble du dossier :

- Présentation du dossier
- Débattre, donner son avis
- Éducation prioritaire : Une promesse non tenue
- L’argent de l’école : inégalité des territoires
- Les cycles ça ne tourne pas rond !
- Formation : Doit mieux faire
- Handicap : le bilan positif de la loi de 2005
- Maternelle : une école à la peine
- Primaire : Un sous-investissement chronique
- « Sortir du cercle vicieux de la difficulté scolaire »