COMMUNIQUÉ COMMUN
Les psychologues de l’Education nationale : les grands oubliés du projet d’avis du CESE sur la pédopsychiatrie en France
6 avril 2010

- ACOP-F : Association des conseillers d’orientation-psychologues de France
- AFPEN : Association française des psychologues de l’Education nationale
- SFP : Société française de psychologie
- SNES-FSU (collectif national des conseillers d’orientation-psychologues)
- SNP : Syndicat national des psychologues
- SnpsyEN-UNSA : Syndicat national des psychologues de l’Education nationale de l’UNSA
- SNUipp-FSU (collectif national des psychologues)


Si le document établi par J-R Buisson sur l’état de la pédopsychiatrie en France pointe toutes les insuffisances en matière de prévention et de soins pour les enfants et adolescents, il occulte tout le travail qui est fait, au sein des établissements scolaires, par les psychologues de l’Education nationale du 1er et du second degré. Les seuls interlocuteurs des enseignants ne sont pas les médecins ou les infirmiers scolaires : au quotidien les équipes enseignantes se tournent vers les psychologues dits « scolaires » quand le développement d’un enfant inquiète et nécessite des interventions auprès de lui et de ses parents pour un accompagnement, un bilan psychologique ou une orientation.

Dans le second degré, les conseillers d’orientation-psychologues interviennent dès le début du collège pour favoriser l’adaptation et l’intégration des enfants et des adolescents particulièrement ceux qui ont des besoins éducatifs particuliers. Ils assurent des bilans psychologiques, le suivi des élèves décrocheurs et accompagnent les adolescents dans leur développement personnel et leur parcours scolaire.

L’école ne peut être réduite à un lieu de « repérage, dépistage, détection » des « troubles » des enfants et des adolescents. Par ses psychologues qui sont souvent les premiers psychologues de proximité que rencontrent les familles, elle offre un lieu d’écoute et assure souvent un relai vers les structures spécialisées de soin et/ou vers les MDPH [2]. « Rendre l’école moins frileuse et consacrer des moyens à la prévention », passe d’abord par la reconnaissance et le renforcement d’un travail en équipe pluri-professionnelle au sein des établissements scolaires (enseignants, psychologues du premier ou du second degré, enseignants spécialisés, médecins, infirmiers, assistants sociaux, CPE,...).

Il y a tout lieu de craindre que la politique de réduction drastique des moyens dans l’Education nationale concoure à l’objectif inverse de celui qui est préconisé dans le projet d’avis : améliorer la prise en charge des enfants et adolescents en souffrance psychique et leur intégration scolaire.

Le document insiste sur la nécessité d’accorder aux psychologues un « véritable statut pour l’exercice libéral » et propose la création d’un « réseau de psychologues référents et d’associations spécialisées auxquels les enseignants pourraient s’adresser en cas de difficulté ». Mais c’est bien au sein de l’institution où les problèmes se révèlent que les enseignants et les familles doivent pouvoir trouver des ressources dans un premier temps. Il s’agit bien là d’une mission de service public s’adressant à tous les « usagers » de l’école sans inégalités territoriales.

Les psychologues de l’Education nationale (3600 dans le 1er degré, 4300 dans le second degré) font ce travail d’écoute et d’accompagnement psychologiques au quotidien. Ils s’interrogent sur le devenir de la profession face à la chute du nombre de postes dans l’Education nationale.

Quand le ministère prendra-t-il en compte la demande de reconnaissance de la place, du statut et des missions des psychologues scolaires et des conseillers d’orientation-psychologues ? Il y a urgence.

Paris, le 2 avril 2010

CESE : Conseil Economique, Social et Environnemental /