Dossier : "Primaire : Inventaire avant travaux"
Les cycles ça ne tourne pas rond !
27 août 2012
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Mis en place en 1989, les cycles ont-ils jamais été réellement mis en place ? Et pourtant, leur objectif n’est-il pas toujours d’actualité ?

« L’ école primaire est organisée en trois cycles pédagogiques ». La loi du 23 avril 2005 d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école n’a pas remis en cause cette organisation mise en place en 1989. Et pourtant dans les écoles, les cycles paraissent avoir perdu de leur réalité. Bien sûr les conseils de cycles ont toujours leur place. De même, les évaluations nationales placées en fin de cycle auraient pu formaliser les cycles fondamentaux (GS-CP-CE1) et d’approfondissement (CE2-CM1- CM2). Pour autant, qu’en est-il aujourd’hui du travail d’équipe de cycles ? Qu’en est-il de la progressivité des apprentissages et des acquis ? À l’origine des cycles, le ministère de l’Education nationale a préconisé la mise en œuvre d’une pédagogie différenciée adaptée à la spécificité des démarches et des rythmes des élèves avec une attention particulière à ceux ayant des difficultés. L’idée sous-tendant les cycles étant que tous les enfants n’allant pas à la même vitesse, on ne peut pas rythmer les apprentissages année après année. Il s’agissait d’impulser une progression des acquis et une continuité dans les méthodes d’enseignement s’appuyant sur un travail en équipe des enseignants. Les programmes de 2002 ont marqué une nouvelle étape dans la démarche avec l’apparition des programmations de cycles établies en équipe. Depuis, les programmes de 2008 ont marqué un point d’arrêt dans la mise en place des cycles à l’école primaire, les repères par matière et par niveau de classe entrant en contradiction avec l’idée d’apprentissage dans un temps long qui dépasse une année de classe.

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La rentrée pourrait être l’occasion de rediscuter des cycles qui portaient l’idée d’une progression des acquis et une continuité des méthodes s’appuyant sur le travail en équipe.

Pour autant, les textes officiels ne sont pas seuls en cause dans la difficile mise en œuvre des cycles. Dans le rapport de 2007, le Haut conseil de l’école portait un jugement sévère : « en dépit des textes officiels, l’organisation en cycles reste en général un trompe-l’oeil, et les familles, dans leur grande majorité, n’ont pas conscience de son existence : on continue de penser les progressions par année et non par cycle, sans coordination entre les maîtres responsables des différentes classes d’un même cycle, sans continuité entre les apprentissages d’une année sur l’autre ». Le rapport ciblait même le « hiatus » entre la maternelle et le CP.
Dans le rapport annuel de 2010, les inspections générales regrettent l’absence de progressions dans les domaines autres que les mathématiques et le français.
La culture professionnelle d’enseignants peu habitués à parler de leurs pratiques avec leurs collègues est souvent mise en cause. Mais le manque de temps de concertation est sans aucun doute l’élément principal de cette difficulté à inventer d’autres manières de travailler en équipe dans le respect des temps différents d’apprentissage des enfants.

L’ensemble du dossier :

- Présentation du dossier
- Débattre, donner son avis
- Éducation prioritaire : Une promesse non tenue
- L’argent de l’école : inégalité des territoires
- Les cycles ça ne tourne pas rond !
- Formation : Doit mieux faire
- Handicap : le bilan positif de la loi de 2005
- Maternelle : une école à la peine
- Primaire : Un sous-investissement chronique
- « Sortir du cercle vicieux de la difficulté scolaire »