Education prioritaire
Les RAR au rapport
28 septembre 2010

Les réseaux ambitions réussite font l’objet d’un bilan dans le rapport annuel 2009 des inspecteurs généraux de l’éducation nationale, intitulé Vers l’école de l’inclusion. Les inspecteurs y consignent observations et préconisations sur les professeurs référents, les assistants pédagogiques, les pratiques, le pilotage...

Les inspecteurs généraux de l’inspection générale de l’éducation nationale (IGEN) et de l’inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR) continuent de rendre leurs copies. Après la récente note de synthèse sur les programmes et les évaluations nationales, voici le rapport 2009 intitulé Vers une école de l’inclusion qui consacre son premier chapitre aux RAR.


Pour les réseaux ambition réussite, les inspecteurs ont mis au centre de leur réflexion la continuité pédagogique en terme de personnels et de pratiques. Le recrutement et les profils des enseignants référents – un millier environ – ne correspondent pas toujours aux missions et aux besoins avec des tâches souvent plus organisationnelles que pédagogiques. Les inspecteurs notent « dans certaines académies, une difficulté à recruter dans les deux niveaux d’enseignement, le premier et le second degré, et l’on constate par conséquent un déséquilibre sensible, souvent en faveur du collège. Cette situation est peu compatible avec le diagnostic des difficultés rencontrées par les élèves ». Les inspecteurs en appellent à un net rééquilibrage du pilotage en direction du premier degré.

Mais s’il y avait un mot pour caractériser les RAR quatre ans après leur mise en œuvre, ce serait celui de confusion. Au niveau des assistants pédagogiques dont les missions balancent entre la surveillance et le risque d’assimilation avec les enseignants. Au niveau du comité exécutif dont le rôle d’animation et de promotion de projets est souvent gommé ou partiel car tourné uniquement vers le collège. Confusion aussi des organisations pédagogiques qui « peuvent susciter certaines difficultés, comme une appréciation confuse, par les élèves, de la multiplicité des acteurs et des discours, un allongement ou une surcharge horaire de leur travail, une juxtaposition de dispositifs et une confusion des rôles ». Entre les dispositifs de l’éducation nationale et ceux des collectivités territoriales, les inspecteurs préconisent des pratiques pédagogiques plus concertées et collégiales, chacun restant clairement dans son rôle.

De même l’injonction d’individualisation et de parcours des apprentissages se heurte à un défaut de formation des enseignants et donc à un malaise. Toutes ces questions devraient faire l’objet d’un véritable pilotage académique, ce qui est loin d’être le cas partout selon les inspecteurs qui posent l’exigence d’une évaluation plus homogène des politiques mises en œuvre, des enseignements, des enseignants. La richesse des expérimentations menées dans le cadre de l’EPS est par ailleurs mise en avant.

Ce rapport qui n’aborde que la question des RAR ne saurait se substituer à une réel bilan de l’éducation prioritaire dans son ensemble, bilan que l’on attend toujours du ministère (deux autres rapports de la DGESCO ne sont toujours pas rendus publics). L’avenir de l’éducation prioritaire reste en suspens.

_Nota : Ce rapport, dans ses autres parties, aborde également l’accompagnement éducatif, les dispositifs de réussite et d’excellence – dont les internats -, la scolarisation des élèves handicapés, celle des enfants nouvellement arrivés en France et des enfants de famille gitane. Enfin deux parties traitent de l’enseignement pour les mineurs dans les centres éducatifs fermés et détenus ainsi que dans les établissements pénitentiaires.