Les 2 ans en mode accueil
14 septembre 2006

Le PIREF analyse l’impact des différents modes d’accueil sur le développement des jeunes enfants.

Comment les différents modes d’accueil des jeunes enfants agissent sur leur développement ?

Le PIREF [2] sous l’égide d’Agnès Florin, directrice de laboratoire de psychologie à l’université de Nantes propose une synthèse des enquêtes menées sur le sujet. Débat typiquement français, car les enfants à partir de deux ans peuvent fréquenter soit un mode de garde de la petite enfance de 0 à 3 ans (crèches, assistantes maternelles, parents) soit être scolarisés à l’école maternelle.

L’étude ne se place pas sur le terrain de la concurrence entre structures mais pointe la nécessité d’une politique d’accueil et d’éducation des « tout petits » qui répondent aux besoins des enfants et des familles. Agnès Florin identifie ainsi les variables de l’efficacité d’une structure d’accueil collective (crèche, écoles) : formation et stabilité des personnels, ratio adultes-enfants, durée de fréquentation des petits (pas plus de 30 heures hebdomadaires), équilibre de la relation entre la maison et le lieu d’accueil, qualité des gestes quotidien d’éducation. Si ces éléments sont prégnants sur la qualité de vie du jeune enfant et son bien-être, les enfants « à risques » sont ceux qui sont le plus sensibles aux effets négatifs des modes d’accueil.

Côté spécificité, l’école, même si elle présente des activités parfois identiques à la crèche se différencie par le caractère professionnel de l’enseignant qui « s’ajuste plus à la tâche et à l’enfant » . De plus, les enseignants favorisent les interventions cognitives. L’enfant est alors en action et en réflexion sur ses propres réalisations. Ce que les assistantes maternelles n’insufflent pas en prenant une part importante dans l’activité de la tâche. Au regard de certains temps « d’inactivité » des enfants à l’école, du fait des taux d’encadrement différents qu’à la crèche, le rapport suggère également que « la maternelle puisse aménager le temps et l’espace pour donner plus de place aux jeux libres sans pour autant que les enseignants y perdent leur rôle pédagogique » . Reste que pour Agnès Florin la scolarisation précoce a des effets positifs notamment pour les enfants de milieu social défavorisé. Avec l’exigence de conditions d’accueil convenables (locaux, effectifs, encadrement)